Manque de communication, quand tu nous tiens…

Je commence peu à peu à comprendre le contexte qui m’a fait atterrir dans le village où je suis maintenant. J’ai été envoyée par le groupe gouvernemental d’aide à la pauvreté (扶贫开发领导小组), ça je savais. Mais je ne travaille pas avec eux, ils m’ont simplement envoyée dans un village pour que je fasse mon travail de terrain là-bas (ce qui explique que personne ne m’encadre, mais c’est mieux pour mon travail).

Comme je suis étrangère (= VIP), ils m’ont donc envoyée dans une zone où l’agriculture est bien développée : une zone de plaine assez large, avec de nombreux puits d’irrigation construits par le gouvernement. Manque de chance, je suis payée par l’INRA et le CIRAD pour étudier… l’élevage pastoral ! J’avais pourtant observé la région avant d’arriver sur le terrain, c’était une zone de moyenne montagne avec beaucoup d’anciens pâturages en altitude. Ils ont réussi à m’envoyer dans la seule micro-région de plaine du district !

Après l’étude de la géorgaphie de la région, j’ai quand même pu voir qu’un tiers de la surface du village se trouve en zone montagneuse. C’était en fait un autre village jusqu’à 2005, mais ils ont fusionnés (sûrement face à la faible population et la pauvreté des gens vivant dans les montagnes). J’ai donc réussi à négocier d’aller faire mon étude dans une de ces zones, mais située à 20 km du centre du gouvernement où j’habite ! Il est donc pas question de me balader en vélo pour enquêter les paysans… J’ai aussi pas trop le choix des horaires de travail, il n’y a qu’un bus le matin pour y aller (7h30) et un bus le soir pour revenir (16h). Comme il n’y a pas de restaurant là-bas, je mange à l’école primaire, avec les instituteurs. J’ai réussi à négocier cet accueil en échange d’une heure de cours par semaine aux élèves de l’école (anglais, français, culture française, je peux leur apprendre ce que je veux, on verra finalement ce qui les intéresse).

Pendant mes déplacements, je suis accompagnée d’une étudiante qui travaille au bureau de l’administration du gouvernement local en même temps qu’elle fait sa thèse. C’est beaucoup mieux qu’au départ où j’avais des personnes différentes tous les jours, et qui ne comprenaient pas vraiment pourquoi je posais tant de questions… Apparemment, elle préfère aussi largement m’accompagner plutôt que travailler dans son bureau !

Voilà mon accompagnatrice attitrée
Voilà mon accompagnatrice attitrée

Bref, pour l’instant tout se passe bien, même si j’ai pris du retard dans mon travail du fait :
– de la non disponibilité des gens (une semaine de conférences et réunions où tout le monde devait assister, donc personne pour m’accompagner),
– de la neige (deux jours sans bus partant pour le village car le col était bloqué par la neige),
– de l’incompréhension du but de mon travail (deux jours par semaine sur le terrain, ça suffit, non ?).

Mais j’ai enfin trouvé à qui m’adresser en cas de problème : tout simplement le secrétaire du parti (n°1) du village. Il peut tout faire, et a même envoyé son propre chauffeur pour me chercher un jour où le bus est passé 1/2h plus tôt que la normale… En échange de cet accueil ? Le devoir de participer aux grands dîners quand il y a des gens importants (ou pas) qui viennent visiter le village. Y’a quand même pas souvent d’étrangers qui viennent dans la région, alors faut me montrer à tout le monde !

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