Archives pour la catégorie Chine

Documentaire sur l’ethnie Mosuo

Arte rediffuse en ce moment un documentaire datant de 2011, que j’avais déjà vu en novembre dernier, sur l’ethnie chinoise des Mosuo.

mosuo

Cette ethnie du sud-ouest de la Chine (Yunnan-Sichuan) est connue pour son organisation matrilinéaire. Les Mosuo (摩梭) sont très proches des Naxi (纳西), avec lesquels ils forment le groupe ethnique des Na. Dans ce documentaire, nous suivons deux familles d’un village situé près du lac Lugu, à une centaine de kilomètres de Lijiang (丽江), dans le Yunnan.

La principale différence avec la plupart des organisations sociales traditionnelles dans le monde, c’est que la famille est dirigée par une femme, l’ « amma » , et que les hommes restent toute leur vie dans la famille de leur mère, s’occupant des enfants de leur(s) sœur(s). La famille n’est pas basée sur le mariage, les relations amoureuses sont donc libres, puisqu’elles ne remettent pas en cause la structure familiale.

A part ça, l’organisation sociale des familles ne diffère pas vraiment de ce que l’on peut voir dans d’autres ethnies. Les femmes sont en charge des travaux ménagers et d’une bonne partie des travaux agricoles. Le rôle traditionnel des hommes est de labourer les champs, construire les maisons et commercer avec les villages voisins. On voit en effet les hommes s’occuper des enfants, Lire la suite Documentaire sur l’ethnie Mosuo

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Le parcours d’une Française d’origine chinoise

Le Petit Journal, site web d’actualités à destination de la communauté française en Chine, publie aujourd’hui un article sur le parcours de Christine Leang. L’article est court mais intéressant,  il permet de voir les questions qu’elle s’est posées sur ses origines et le parcours professionnel qu’elle a choisi.

Christine Leang s’est faite connaître dans le monde franco-chinois grâce à la parution en 2013 aux éditions Pacifica de son livre Embarquement pour la Chine. Elle y décrit le parcours de dizaines de Français, connus ou moins connus, partis en Chine des premières guerres de l’opium jusqu’au milieu du XXe siècle.

Elle est actuellement installée à Shanghai, se consacre à l’écriture et au coaching. Si cela vous intéresse, allez voir son site web professionnel : http://www.christineleang.com/

coaching

Émission sur les restaurants chinois en France

Voici une émission consacrée aux restaurants chinois en France, proposée à l’occasion du nouvel an chinois sur France Inter.

Les invités sont Henri So, de l’Union des restaurateurs et traiteurs asiatiques, Yu Zhou, conférencier, calligraphe et gastronome chinois, et Geneviève Imbot-Bichet, responsable de la programmation culturelle à la Maison de la Chine.

emission-sp-restoLe point de départ de l’émission est de vérifier si la situation sanitaire des restaurants chinois s’est améliorée depuis le reportage d’Envoyé Spécial en 2004 dans un atelier clandestin de fabrication de raviolis vapeur. Mais la discussion passe rapidement à des considérations plus générales sur la cuisine chinoise et celle que l’on peut trouver en France.

Je trouve qu’ils n’insistent pas assez sur le fait qu’il y a de plus en plus d’excellents restaurants chinois typiques à Paris depuis quelques années. Ces restaurants proposent des plats régionaux de bonne qualité permettant de tester ou retrouver les saveurs de plats traditionnels ou de cuisine familiale chinoise. Pour vous guider dans tous ces restaurants qui existent à Paris, je vous propose de consulter d’excellents blogs qui décrivent, critiquent et conseillent des restaurants chinois qui valent le détour :  Le Gastronome parisien, La petite banane, Paris et ses chinoiseries, CECKR, pour n’en citer que quelques uns…

Les questions posées aux intervenants montrent à quel point la cuisine chinoise est méconnue de la majorité des Français. Si les différences et similitudes entre la cuisine chinoise et la cuisine française vous intéressent, je vous conseille vivement l’ouvrage de Yu Zhou intitulé La baguette et la fourchette (Editions Fayard, 2012). L’autre livre cité dans l’émission est celui de Georges London, Un tour gastronomique de la Chine, qui a obtenu le 2e prix du « Meilleur Livre de Cuisine Chinoise au Monde » en 2012.

Comme livres, je vous conseille aussi le très beau Chine : Encyclopédie gourmande (éditions Ullmann, 2013), le livre de recettes La cuisine chinoise étape par étape (éditions Pacifica, 2014) mais aussi un ouvrage bilingue sur la confection des raviolis chinois, Raviolis chinois traditionnels (éditions You Feng, 2014)

Le métro de Paris, roman bilingue chinois/français

métroVoici un roman bilingue original écrit par Yao Zhongbin, auteur chinois contemporain, et publié par les éditions You Feng. Il raconte la vie d’un immigré clandestin chinois à Paris qui cherche à se faire sa place dans une société française pas si accueillante… La lecture nous permet de mieux comprendre la difficulté d’intégration des immigrés n’ayant pas fait d’études et ne parlant pas français. On voit les différences culturelles et la distance qui se crée avec la famille et les amis restés en Chine, pour qui l’exil en France représente la réussite.

Le texte en chinois est accompagné de la traduction française de Lisa Carducci en vis-à-vis. Les caractères chinois (simplifiés) sont imprimés dans une police suffisamment large et lisible pour faciliter la lecture par les apprentis sinophones. C’est donc une lecture idéale pour les personnes ayant un niveau de chinois avancé et qui souhaitent pratiquer la lecture tout un lisant un roman au contenu intéressant et varié.

Le narrateur étant un jeune Chinois, le langage utilisé dans le texte est du chinois moderne, très oral, avec de nombreuses expressions d’argot et des allusions à des phénomènes de la société actuelle. Cela peut gêner un peu les lecteurs ayant un vocabulaire plutôt scolaire, mais c’est aussi une bonne façon d’apprendre un langage plus « jeune », utile pour mieux comprendre les discussions sur Internet ou les conversations entre Chinois nés dans les années 1980 et 1990. Et puis, la traduction française est là pour nous donner les clés de compréhension nécessaires…

Le métro de Paris, Yao Zhongbin, Gong Lei (Trad.), Lisa Carducci (Trad.). Editions You Feng, 2013. 25€

Le dernier roman de Yu Hua va paraître en français !

00000Le dernier roman de Yu Hua, Le septième jour (第七天 di qi tian), dont je vous parlais déjà en juin 2013, va paraître le 1er octobre prochain en français chez Actes Sud. Il a été traduit par Isabelle Rabut et Angel Pino. Yu Hua n’avait plus publié depuis plusieurs années, c’est donc une traduction très attendue du lectorat français et des sinophiles !!

En attendant, vous pouvez toujours lire (ou relire) ses autres écrits publiés chez Actes Sud : les plus connus étant Vivre 活着 (adapté au cinéma par Zhang Yimou), Brothers 兄弟, Le vendeur de sang 许三观卖血记, La Chine en dix mots 十个词汇的中国, et bien d’autres…

Vous les trouverez en librairie et en bibliothèque, mais aussi (et surtout) à la librairie Le Phénix en VO et en VF !

Plongée du coeur de l’affaire Wang Lijun

couvAprès avoir rencontré Philippe Dessertine au Salon « Saint-Maur en poche », je me suis plongée dans la lecture de son livre Le gué du tigre, au titre énigmatique mais dont on comprend rapidement le sujet en lisant la quatrième de couverture : c’est un « thriller haletant » basé sur la fameuse « affaire Wang Lijun » qui a fait beaucoup de bruit en février 2012. Pour ceux qui ont vaguement entendu parler de cette affaire et qui n’ont pas tout suivi de la chute de Bo Xilai, je vous recommande vivement la lecture de ce récit hors du commun !

En effet, c’est le récit de l’arrivée de Wang Lijun au consulat américain de Chengdu, de son interrogatoire alors que l’armée chinoise encercle le consulat… Tout se passe à huis clos dans les locaux du consulat. On sent monter progressivement la tension tout en comprenant l’importance des révélations que le policier en chef (déchu) de Chongqing a décidé de faire…

Ce texte, écrit comme un thriller, nous tient en halène du début à la fin, entre réalité et fiction, et nous plonge au cœur des luttes intestines du monde politique de la Chine contemporaine. Il est difficile de ne pas en sortir bouleversé par les révélations faites dans ce livre qui se lit d’une traite. L’auteur nous fait toucher du doigt les rouages des luttes de factions, la violence des croisades contre le crime organisé et les sociétés secrètes en Chine, mais aussi la place centrale de la finance dans le monde.

Philippe Dessertine est spécialiste de la finance, professeur à l’Institut des Affaires étrangères de Paris Sorbonne. Le gué du tigre est son troisième livre après Ceci n’est pas une crise (juste la fin d’un monde) et Le monde s’en va en guerre (ne sait quand reviendra). Je vous conseille comme avant-goût la vidéo de la conférence donnée l’année dernière à Bordeaux, où il explique le contexte et les raisons qui l’ont poussé à écrire cet ouvrage.

Un livre sans lettres pour une histoire sans mots

Une histoire sans mots, de Xu Bing
Une histoire sans mots, de Xu Bing

Voici un livre pas comme les autres, dont la couverture est banale
mais qui attire immanquablement l’attention de celui qui se risque à l’ouvrir,
car l’intérieur ressemble à ça :
couverture-2

En effet, le titre est à prendre au mot ! C’est bien une histoire écrite sans utiliser ni mot, ni lettre (ni caractère chinois), qui est l’aboutissement d’un travail de recherche sur le langage du graphiste chinois Xu Bing (徐冰).

D’ailleurs, il est à noter que le titre chinois de l’ouvrage n’a rien à voir avec sa version française qui semble avoir été choisie pour attiser la curiosité des futurs lecteurs. En chinois, Xu Bing a intitulé son livre Dishu : cong dian dao dian (地书:从点到点), ce qui signifie quelque chose comme « Le livre de (ou sur) la terre : d’un point à un (autre) point ». Le titre n’est pas facile à comprendre ni à expliquer, on comprend mieux le choix des Éditions Grasset d’un titre plus direct qui interroge sur la forme plutôt que sur le fond de l’histoire…

Une fois passé l’étonnement, on est en droit de se demander si une histoire écrite uniquement avec des pictogrammes est réellement compréhensible par un lecteur non initié, et si l’histoire peut être assez élaborée pour être intéressante. Finalement, le texte se lit très facilement pour ceux qui ont l’habitude des smileys et autres normes signalétiques abondamment utilisés sur Internet et sur les appareils électroniques en tous genres. Le déchiffrage risque d’être plus difficile pour ceux qui ne sont pas passés à la nouvelle ère du numérique, mais pas impossible non plus vu que le travail de Xu Bing est avant tout la recherche d’un langage « universel » basé sur ce que les êtres humains ont en commun quelle que soit leur culture.

Concernant l’histoire, c’est sûr qu’elle n’est pas hautement philosophique mais elle permet de raconter avec assez de finesse le déroulement de la journée d’un employé de bureau tiraillé entre les échéances de son travail, les impératifs envers ses amis (e-mails, cadeaux, soutien moral…), la recherche d’une relation amoureuse… et devant faire face à de nombreux imprévus. Tout un programme ! Xu Bing nous fait donc réfléchir non seulement sur notre langage mais aussi sur les effets de la routine, le sens de la vie et le fait que nous ne sommes d’un petit point quelque part dans l’univers…

En conclusion, si vous aimez les découvertes et les casse-têtes (chinois), ce petit livre est un cadeau idéal, à lire en famille ou entre amis !

Voyage dans la cuisine de l’Anhui

Voici un reportage de CCTV sur la cuisine de Huizhou, dans l’Anhui, qui présente des plats originaux typiques de cette région et qui vous donnera immanquablement envie de les goûter :

毛豆腐
Le tofu poilu, que l’on laisse se couvrir de moisissures avant de le faire griller, nous rappellera certains de nos fromages français persillés qui effraient les non-initiés

臭鳜鱼
Le poisson mandarin puant, un poisson mijoté après être passé en salaison

鲍氏如一鸡
Le poulet de la félicité du clan Bao, farci aux herbes sauvages, pousses de bambou et lardons, puis fumé dans un wok contenant des feuilles de thé 

桃脂烧肉
Le porc à la gomme de pêche, une agréable variante du fameux « porc au caramel » (红烧肉)

Festival Les Ecrans de Chine

Du 20 au 29 septembre à Paris, les Ecrans de Chine vous proposent leur festival de cinéma chinois indépendant !

écrans

Voir le détail de la programmation

A cette occasion, ne ratez pas la rencontre avec trois réalisateurs chinois, Yu Guangyi, Zhou Hao et Xie Rong, à la librairie Le Phénix le jeudi 26 septembre à 18h. Ces réalisateurs débattrons avec le public autour du thème « L’émergence du documentaire indépendant en Chine ».

Si vous ne pouvez participer à ce festival, sachez que les Ecrans de Chine ont publié en DVD les films projetés au festival de l’an dernier. Vous les trouverez notamment à la librairie Le Phénix. Ces documentaires sont très intéressant dans leur contenu, les personnes interrogées parlent en chinois, mais souvent dans leur dialecte local, le tout sous-titré en français. Une belle plongée dans les difficultés de la vie quotidienne d’un bon nombre de Chinois…

Le restaurant Ji Bai He et ses raviolis à volonté

Ce tout petit restaurant style cantine est un régal pour ceux qui apprécient les raviolis du nord de la Chine, c’est à dire faits avec de la farine de blé, cuits à l’eau et farcis le plus souvent à la viande de porc ou de boeuf (en chinois jiaozi 饺子 ou shuijiao 水饺), par opposition aux « bouchées » que l’on trouve chez les traiteurs asiatiques qui sont faites à base de farine de riz, cuites à la vapeur et qui sont des spécialités du sud de la Chine.

La formule « raviolis à volonté » est à 9,50€/pers le midi et 10€/pers. le soir. Ils proposent aussi des entrées excellentes et très typiques là aussi du nord de la Chine : algues pimentées (凉拌海带), céleri au tofu, papaye verte (木瓜丝), filaments de pomme de terre (土豆丝), etc. Les entrées sont à 3€ ou 6€ selon la taille de la portion. Le mieux est de prendre chacun des raviolis et partager une ou deux entrées…

On choisit sur le menu les farces que l’on souhaite goûter et ils sont servis dans des assiettes, tous mélangés, ce qui peut fruster un peu car on ne sait pas toujours quelle farce on va avoir avant de croquer dedans… Mais c’est aussi le charme de la formule !

Raviolis

A disposition : sauce soja, vinaigre de riz et piment pour les amateurs…
Mes farces préférées : porc-maïs, porc-haricot vert, oeuf-ciboulette et porc-coriandre.

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Ji Bai He (吉百合)
108, rue Olivier de Serres, 75015 Paris
(métro Porte de Versailles)

A noter, pour les inconditionnels des raviolis, le restaurant propose aussi de les acheter surgelés au prix de 8,50€ les 50 ou u17€ les 100.

Détail pratique : Attention, le restaurant ne prend pas la carte bancaire, donc prévoyez la monnaie avant de vous y rendre…