Archives pour la catégorie Japon

Tokyo Express

a-couvLorsqu’un couple empoisonné au cyanure est découvert au petit matin sur une plage du sud du Japon, tout semble faire penser à un suicide amoureux… sauf un mystérieux ticket de restaurant et le fait que l’homme soit le principal témoin d’une affaire de corruption qui touche un ministère. L’enquête est rapidement classée mais un inspecteur de Tokyo continue ses recherches à propos d’un homme qui semble s’être donné beaucoup de mal pour « fabriquer des témoins »…

Dans Tokyo Express, Seicho Matsumoto nous fait voyager du sud au nord du Japon, les yeux rivés sur les horaires de trains, dans lesquels semble se trouver la clé de ce double meurtre.

Ce polar japonais écrit à la fin des années 1950 est l’un des plus célèbres de l’auteur et de la littérature japonaise contemporaine. La traduction, de bonne qualité, rend sa lecture très agréable. L’intrigue bien ficelée nous amène à une conclusion de l’enquête peu glorieuse pour les institutions japonaises. J’ai quand même trouvé quelques longueurs et répétitions qui semblent écrites pour guider le lecteur, mais qui peuvent vite devenir lassantes… Lire la suite Tokyo Express

Publicités

Dans la peau d’un pickpoket japonais

a-couvPickpocket, de Nakamura Fuminori, traduit par Myriam Dartois-Ako, est paru en 2013 aux éditions Philippe Picquier. Il avait reçu en 2010 le prix littéraire japonais Kenzaburō Ōe.

J’ai vraiment aimé la lecture de ce roman noir qui nous plonge dans la peau d’un pickpocket expérimenté semblant se satisfaire d’une vie monotone à détrousser les hommes riches dans les transports, avec une agilité hors du commun. Ses techniques pour choisir ses cibles et extraire les porte-feuilles sans qu’elles ne s’en rendent compte sont particulièrement bien décrites et les réflexions personnelles du pickpocket apportent un aspect social et psychologique au récit. En effet, le voleur met un point d’honneur à rendre les portefeuilles à leurs propriétaires en les déposant dans des boîtes postales après avoir subtilisé l’argent.

Cependant, cet équilibre va être bouleversé lorsqu’un yakuza s’intéresse à lui et l’entraine dans des affaires d’une toute autre ampleur… Il n’a alors plus son mot à dire est doit faire profiter la pègre de ses talents de pickpocket, sous une pression qui pèse sur lui à chaque instant.

Malgré la noirceur de l’intrigue, l’analyse psychologique du personnage et la description de cet univers des mis au ban de la société japonaise apportent beaucoup à l’intérêt de ce roman, qui se lit d’une traite.

A lire absolument si ce thème vous intéresse. D’ailleurs, le format poche devrait sortir en début d’année prochaine 🙂

Titre original : 掏摸 (Suri)

Librairie japonaise Junku

junku1Située tout près du quartier japonais, la librairie Junku est la plus grande librairie japonaise de Paris. Tout comme la librairie Le Phénix pour la Chine, la librairie Junku propose un très large choix de livres en français, anglais et japonais sur l’histoire et la civilisation japonaise, la littérature, les mangas, les livres jeunesse, les beaux-arts japonais, la vie pratique (cuisine, santé, travaux manuels…) et tout ce qui a trait au Japon. Au rayon « apprentissage du japonais » vous trouverez toutes les méthodes et outils d’apprentissage disponibles en France et au Japon. C’est donc le lieu idéal pour tout japonisant ou amateur du Japon à la recherche d’un ouvrage, d’une revue ou d’un DVD.

junku2Les rayons sont toujours très bien rangés et impressionnent par leur régularité. C’est très différent des librairies françaises ou toutes les tailles et couleurs de livres se mélangent dans les étagères… Lire la suite Librairie japonaise Junku

Les livres japonais d’occasion de Book-off

book-off-intc3a9rieur-1Lors d’une promenade dans le quartier japonais à Paris, vous êtes sûrement tombés sur les deux libraires Book-off de la rue Saint-Augustin (2e arrondissement) qui reprennent les livres d’occasion et les revendent à prix cassés. Book-Off est une chaîne de librairie très connue au Japon qui est implantée en France depuis 2004. Il y a actuellement trois librairies dans Paris, mais seule celle du 2e arrondissement propose des livres japonais.

En effet, d’un côté de la rue sont vendus les livres en français et de l’autre côté la librairie est entièrement consacrée aux livres, CD et DVD japonais. Quand vous entrez dans la boutique, tout est en japonais, toujours aussi bien rangé que dans la librairie Junku… Ici, les livres sont triés par type, mais aussi par prix. Vous pouvez ainsi acquérir des livres japonais à partir de 2€, ce qui est très intéressant comparé au prix élevé des livres neufs importés du Japon !

book-off-intc3a9rieur-2

Lire la suite Les livres japonais d’occasion de Book-off

La beauté du diable, de Radhika Jha

couv Voici un livre dont je veux absolument parler car je trouve que l’on pourrait trop facilement passer à côté. Le titre rappelle Le diable s’habille en Prada mais à part le sujet qui aborde les vêtements de marque, l’histoire n’a rien à voir avec le roman de Lauren Weisberger. D’ailleurs, le titre original est My beautifil shadow, que je trouve plus à l’image du roman. En lisant la quatrième de couverture, on pourrait penser que ce roman n’aborde que le monde des grandes marques et la superficialité de la mode, mais c’est en réalité une plongée au cœur de la société japonaise, décrite avec beaucoup de finesse, tout autant que les pensées et émotions de la narratrice.

On est ici dans le Japon moderne, où l’on suit une mère au foyer qui nous raconte son histoire. Mariée jeune sans avoir été à l’université, Kayo a une existence sans saveur, entre un mari pris par son travail, des voisins qui l’épient et une mère qui désapprouve son choix de vie, ne lui ayant même pas offert de kimono pour son mariage, comme le veut la tradition. Elle se confie au lecteur, mais on découvre au fil du roman qu’elle s’adresse en réalité à une personne en particulier, lui demandant de ne pas la juger trop sévèrement… Lire la suite La beauté du diable, de Radhika Jha

Le maître des livres

a-couvTout d’abord attirée par la belle couverture de ce manga, je me suis lancée dans la lecture du 1er tome de Le maître des livres, d’Umiharu Shinohara, paru fin août aux éditions Komikku.

L’histoire se passe dans une bibliothèque pour enfants où règne un bibliothécaire hors du commun, aussi abrupt que bon conseiller pour les personnes en mal de lectures… ou tout simplement en mal de vivre !

Ce manga nous plonge dans le quotidien d’une bibliothèque de quartier et nous fait comprendre l’importance d’un bibliothécaire qui sait donner envie de lire aux enfants… et même aux adultes, grâce à la qualité de ses conseils de lecture. Au gré des découvertes des lecteurs de la bibliothèque, on redécouvre nous aussi les grands classiques de littérature jeunesse : La montre musicale, L’île au trésor, Le Prince heureux, Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, et bien d’autres à venir dans les volumes suivants ! Pour s’y repérer, on trouve en fin de volume des notes sur les auteurs et livres cités. La série en est actuellement au tome 8 au Japon. En France, seuls les deux premiers tomes sont parus le 28 août dernier, et un 3ème est à paraître au mois de décembre.

Je recommande vivement la lecture de ce manga à tous les amoureux des livres, qu’ils soient pour enfants ou non !

Juji-Ya, bentos et épicerie japonaise

jijiya6Si vous aimez flâner dans la rue Sainte-Anne, vous avez sûrement déjà remarqué cette enseigne.  Juji-Ya est un savant mélange entre un traiteur, une cantine et une épicerie. Lorsque vous rentrez, vous avez la vente des bentos à gauche et celles de sushis/makis à droite. Au fond, une salle remplie de congélateurs et un escalier en bois menant à un espace épicerie où trouver tout ce qu’il faut pour cuisiner japonais. Un escalier à droite mène à une 2ème salle pour manger à l’étage. Il y en a donc pour tous les goûts, sur place ou à emporter.

Pjijiya1our les bentos, on choisit sa formule en fonction de la viande que l’on souhaite manger : poulet frit ou grillé, saumon grillé, crevettes frites, steak haché, brochettes de poulets, croquettes, etc. Il y a aussi une formule végétarienne. Le prix varie entre 10.50€ et 11.30€.

Lire la suite Juji-Ya, bentos et épicerie japonaise

Cuisiner pour le bonheur des autres et de soi-même

ogawa
Le restaurant de l’amour retrouvé, d’Ogawa Ito, publié aux éditions Philippe Picquier

Dans Le restaurant de l’amour retrouvé, tout commence par un abandon. Rinco, jeune japonaise de 25 ans, se retrouve sans rien après le départ inopiné de son petit-ami indien et n’a pas d’autre choix que de revenir habiter chez sa mère, avec qui elle ne s’est jamais vraiment entendu. Ce choc lui fait perdre la voix mais sera l’occasion d’un nouveau départ. Elle décide de monter un restaurant dans ce petit village de montagne et de mettre ses talents de cuisine à profit pour concocter des repas sur commande, ne servant qu’une seule table à la fois, après avoir longuement discuté avec ses clients pour savoir ce qui leur ferait réellement plaisir. Choisissant des aliments de premier choix, venant de la forêt voisine ou produits localement, elle émerveille ses clients et leur redonne goût à la vie.

Beaucoup de choses s’entremêlent dans ce livre : la déception amoureuse, les relations entre mère et fille, entre grand-mère et petite fille, l’amour de la cuisine, des choses bien faites, des bons produits, le don de soi, le partage d’expérience, l’harmonie avec la nature, l’importance de la parole pour faire passer ses émotions, les mythes de l’enfance… Lire la suite Cuisiner pour le bonheur des autres et de soi-même

Lecture croisée : La submersion du Japon et la disparition de la Manche

japonIl y a quelques temps, j’avais lu le roman d’anticipation du Japonais Komatsu Sakyo, La submersion du Japon. Publié dans les années 1970 au Japon, ce roman imagine des mouvements géologiques sous-marins qui auraient pour conséquence la disparition par submersion de l’archipel du Japon en quelques années seulement.

Ce roman m’a beaucoup plu car il est très réaliste et peu catastrophiste, il décrit comment un chercheur fou découvre progressivement le phénomène en cours et comment un projet d’étude à grande échelle est mis en place, tout en essayant de le dissimuler pour éviter la confusion et le désordre total dans tout le Japon. Beaucoup de détails sont évoqués sur la façon dont les gens font face à la situation, entre le chercheur qui veut observer jusqu’au bout malgré le danger, les trafiquants d’art qui anticipent des acquisiitons d’oeuvres rares, le politicien qui part négocier avec l’Australie pour qu’elle accueille plus de réfugiés, l’homme qui règne dans l’ombre sur le Japon et décide de disparaitre avec lui, et bien d’autres portraits à la fois imaginatifs et réalistes. Les détails scientifiques et sociologiques rendent une telle catastrophe crédible et l’on suit son développement avec beaucoup de curiosité.

La conclusion de l’ouvrage est très patriotique avec des Japonais qui ont choisi de mourir avec leur pays et d’autres qui choisissent l’exil afin de faire survivre l' »âme du Japon » envers et contre tout.

évènementC’est cette belle découverte qui m’a donné envie de me lancer dans un autre roman d’anticipation autant que de science fiction, mais situé dans une tout autre région et à une autre époque : Le formidable évènement, écrit par Maurice Leblanc en 1920 et republié début 2013 par Gallimard dans la collection Folio Science Fiction. Le père d’Arsène Lupin imagine dans ce livre que des mouvements tectoniques et des jeux de failles font remonter toute une partie des sols du fond de la Manche, ayant pour conséquence de relier la France à la Grande-Bretagne. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de la disparition d’un pays mais de l’apparition de nouvelles terres, avec son lot d’épaves regorgeant potentiellement de trésors. On suit dans ce roman la véritable épopée d’un Français qui cherche à conquérir le coeur de sa dulcinée en réalisant des exploits dignes des grands découvreurs. Ce no man’s land récemment émergé, où les rivières sont en train de refaire leur lit, sera le lieu de combats entre groupes de vagabonds à la recherche d’une source d’or dont tout le monde parle. A mi-chemin entre la ruée vers l’or dans l’ouest américain et les histoires de pirates, ce roman n’aura finalement pas grand chose à voir avec celui de Komatsu Sakyo. Ici, on suit un héro en quête d’aventures et non pas une description de la façon dont une société s’organise face à la disparition imminente de son territoire.

Cependant, certains éléments se retrouvent dans les deux ouvrages, notamment l’arrivée progressive d’une catastrophe de grande ampleur, dont les premiers signes sont des éruptions sous-marines, des tremblements de terre et la disparition de navires en mer. On remarque aussi dans les deux romans la figure du chercheur extravagant qui grâce aux fruits de ses recherches isolées avait prédit le phénomène avant tout le monde, mais restait incompris. De même, ces deux auteurs nous embarquent chacun dans leur histoire avec un suspense et des péripéties qui gardent le lecteur en halène du début à la fin…

Finalement, ces romans se terminent à l’opposé l’un de l’autre. D’un côté, le Japon a disparu et ses habitants se retrouvent dispersés un peu partout dans le monde, avec l’espoir de se réinstaller ailleurs et d’essayer de conserver leur culture à défaut de pouvoir conserver leur pays. De l’autre, la France et l’Angleterre sont réunies et se réconcilient après avoir évité de peu la guerre ouverte. Tout est bien qui finit bien, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

Quand Amélie Nothomb retourne au Japon…

nothomb1Amélie Nothomb publie comme chaque année à la rentrée son nouveau roman, La nostalgie heureuse, chez Albin Michel. Cette fois-ci, elle relate l’expérience qu’a été pour elle son retour au Japon en 2012, un an après le tsunami et seize ans après l’avoir quitté.

Confrontée à ses souvenirs mais aussi à la réalité du Japon actuel, nous la suivons dans ce court séjour pendant lequel elle ressentira un mélange d’émotions, mais aussi un profond sentiment de vide. La nostalgie heureuse ?

Un livre agréable où l’on retrouve le style et l’univers autocentré d’Amélie Nothomb… et le toucher soyeux de la couverture du livre participe aussi au plaisir de la lecture.