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Vol vers la Chine et premières impressions

Cette nuit, je n’arrive pas à dormir, sûrement à cause du décalage horaire. J’en profite donc pour vous raconter notre arrivée à Pékin.

Une fois arrivés au comptoir d’enregistrement de la compagnie British Airways, nous avons enfin eu une réponse claire : Dong n’avait en réalité pas besoin de visa. La confirmation définitive est venue plus tard : personne n’a regardé son visa lors du changement en Angleterre… Voilà comment dépenser pour rien deux semaines de temps et 65 euros. 气死了!

Ensuite, le trajet en avion est passé vite, malgré l’heure de retard au départ de Londres (et donc à l’arrivée). J’ai été marquée par la modernité de l’aéroport de Londres Heathrow, avec des espaces très confortables avec quelques canapés dans lesquels on peut dormir. La seule chose est qu’on ne peut rien y acheter vu qu’il faut payer en livres sterling… J’ai aussi mangé le meilleur plateau repas de tous mes voyages en avion dans le vol Londres-Pékin. Tout était excellent, de bonne qualité, original et avec du goût. Rien à dire. J’étais impressionnée que les Anglais, réputés pour une cuisine insipide, nous servent des plats aussi bons.

Une fois arrivés à Pékin, récupéré les bagages, il était déjà 13h. Il nous a fallu encore une heure de métro pour arriver près de chez les amis chez qui nous logeons. En sortant du métro, on s’est arrêté dans une petite gargotte pour manger un bol de pâtes bien chaudes. Pour ceux qui connaissent, ce sont des 过桥米线, une spécialité du Yunnan : des nouilles de riz dans une soupe chaude avec des légumes et de la viande, le tout cuit et servi dans des pots en terre. Malgré la chaleur, c’était excellent. Voici une photo de mon bol, des nouilles avec des champignons, de le « peau de tofu » 豆腐皮 (lamelles de tofu pressé, utilisé dans les soupes ou les ragouts), du soja, de la salade, des algues vertes 海带 et des boulettes de poisson. Un régal !

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Une fois le ventre bien rempli, Lire la suite Vol vers la Chine et premières impressions

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Zhang Yimou et Chengdu

Zhang Yimou raconte sa vision (un peu idyllique) de Chengdu. Il parle clairement et y’a les sous-titres en anglais. Pour pratiquer un peu la compréhension orale et voir de magnifiques images de la Chine 🙂

http://www.youtube.com/watch?v=j9oi-ORbHu0

00000Des fragments de cette vidéo ont ensuite été utilisés pour faire un spot publicitaire pour la ville : voir le spot

Un air de Bretagne en Chine rurale

Ce matin, on vient me chercher plus tôt que l’heure normale pour manger. En effet, il y a très peu de gens le week-end donc l’horaire dépend surtout de quand les plats sont prêts. Je demande ce qu’il y a ce matin : des crèpes. Intérieurement, je me demande lesquelles, parce qu’ils font plusieurs types de 饼 (bǐng), des rondes et épaisses frites qui me rappellent le Maroc, des fines sèches un peu étouffe-chrétien, ou celles de l’université de Pékin, un peu salées avec un oeuf dessus, que j’aime beaucoup.

Bref, arrivée à la cantine, je vois que ce sont des nouvelles, que je n’ai encore jamais mangé. Elles sont assez épaisses, avec de la ciboulette. Je goûte… Ca me rappelle quelque chose, mais sans savoir l’identifier. Je demande avec quelle farine elles sont faites, on me répond « farine de… sarrasin ! ». Mais oui, ce goût me rappelle les crèpes bretonnes ! Je leur dit qu’on fait aussi des crèpes au sarrasin dans une région de France, et ils ont l’air intéressés.

Vous allez vous dire : mais comment se fait-il que je connaisse le mot « sarrasin » en chinois ? Eh bien, ici les gens mangent pas mal de sarrasin, soit les grains mélangés avec le riz, soit en faisant des nouilles avec. A force de ne pas savoir ce que signifiait le mot répété X fois, j’avais cherché dans le dictionnaire… Tout s’explique.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble le sarrasin (qui n’est pas une céréale, contrairement à ce qu’on pourrait penser, plus d’infos ici), en voici les graines :

Bref, ça fait un drôle d’effet de manger des crèpes au sarrasin en plein milieu de nulle part en Chine. Comme quoi, il faut s’attendre à tout !

Chifeng – Mai 2009

Les raviolis-surprise…

Cela fait déjà deux ou trois fois que je tombe dessus alors maintenant, quand on me sert des raviolis, je me méfie, je demande à quoi ils sont d’abord… Mais pourquoi ? Comment pourrait-on faire des raviolis immangeables ?

Eh bien, il suffit de faire des raviolis à la viande, mais sans enlever les os ! C’est apparemment une recette de la région, raviolis vapeur au mouton… La première fois, j’ai cru qu’ils avaient oublié un os, mais en fait, c’est vraiment fait exprès. Je savais que les chinois aimaient manger la viande coupée en morceaux avec beaucoup d’os pour grignoter autour, mais de là à en mettre à l’intérieur des raviolis, c’est vraiment du gâchis !

Conclusion : ne jamais se fier aux apparences, un plat que vous avec l’habitude de manger depuis des années peut se transformer en calvaire (vous aviez dit que vous adoriez les raviolis chinois, il faut en manger maintenant !).

Personnellement, j’ai abandonné la viande et ne mange que la pâte autour, mais c’est un peu dommage…

Petit tour à Pékin : verdure, tour Eiffel et garde à vous…

Me voilà donc à Pékin, pour préparer ma présentation orale à l’université. Une fois arrivée, j’ai eu un choc : ici, tout est vert, les arbres sont magnifiques ! Ca me change des montagnes arides où les feuilles viennent à peine de sortir. Je ne suis descendue qu’à 400km au sud, et les végétaux sont bien plus avancés…

Au passage, en allant prendre le train à Chifeng (grande ville la plus proche), j’ai de nouveau vu l’antenne Tour Eiffel sur un immeuble. Les chinois ont vraiment de l’imagination (et sont professionnels dans l’art de copier) ! J’ai essayé de l’immortaliser :

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Je travaille donc sur mon ordinateur, dans la chambre d’hotel (j’ai décidé de changer pour un nouvel hotel, moins cher mais bien mieux, avec Internet dans la chambre, la classe!). Ce matin, j’ai entendu crier en bas de ma fenêtre et j’ai vu une scène très habituelle en Chine (ou du moins à Pékin). Voyez plutôt :

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C’est le traditionnel discours matinal aux employés (du supermarché en bas, en l’occurence). Aujourd’hui, un des employés a fait remarquer qu’il pleuvait, ce qui a énervé le chef, qui a crié un bon moment avant de tout simplement l’inviter à partir s’il n’était pas content. Il a ensuite continué comme si de rien n’était…

C’est très courant de voir les employés en ligne écouter (plus ou moins attentivement) les consignes de la journée. Ils ne se cachent pas, mais font ça très naturellement. Ca peut mettre mal à l’aise au début, mais en fait, les gens les ignorent tout simplement (sauf s’il se passe quelque chose d’anormal, comme ce matin, n’oublions pas que les chinois sont très curieux…).

Des souffleurs pour célébrer les morts

Samedi 4 avril est la fête Qingming Jie (清明节) en Chine, soit l’équivalent de notre Toussaint. Tous les gens rentrent chez eux (ceux qui ne travaillent pas trop loin) pour allumer un petit feu en mémoire des morts de la famille. J’ai pu voir les gens du gouvernement préparer des « souffleurs » utilisés pour contrôler les feux en cas de vent fort. Apparemment il n’y a pas eu de problème puisque je n’ai pas entendu les pompiers cette fois.

Vérification des souffleurs la veille de la fête
Vérification des souffleurs la veille de la fête

A l’occasion de cette fête, les gens de l’administration ont 4 jours de vacances, de samedi à mardi. Le secrétaire du parti en a profité pour m’inviter à voir sa famille à Jinshan. J’avais déjà eu un aperçu de cette petite ville le premier jour de mon arrivée lorsque je suis allée m’enregistrer au bureau de la sécurité, mais je n’avais pas eu le temps de visiter. Cette fois, j’ai pris plus de temps.

Manque de communication, quand tu nous tiens…

Je commence peu à peu à comprendre le contexte qui m’a fait atterrir dans le village où je suis maintenant. J’ai été envoyée par le groupe gouvernemental d’aide à la pauvreté (扶贫开发领导小组), ça je savais. Mais je ne travaille pas avec eux, ils m’ont simplement envoyée dans un village pour que je fasse mon travail de terrain là-bas (ce qui explique que personne ne m’encadre, mais c’est mieux pour mon travail).

Comme je suis étrangère (= VIP), ils m’ont donc envoyée dans une zone où l’agriculture est bien développée : une zone de plaine assez large, avec de nombreux puits d’irrigation construits par le gouvernement. Manque de chance, je suis payée par l’INRA et le CIRAD pour étudier… l’élevage pastoral ! J’avais pourtant observé la région avant d’arriver sur le terrain, c’était une zone de moyenne montagne avec beaucoup d’anciens pâturages en altitude. Ils ont réussi à m’envoyer dans la seule micro-région de plaine du district !

Après l’étude de la géorgaphie de la région, j’ai quand même pu voir qu’un tiers de la surface du village se trouve en zone montagneuse. C’était en fait un autre village jusqu’à 2005, mais ils ont fusionnés (sûrement face à la faible population et la pauvreté des gens vivant dans les montagnes). J’ai donc réussi à négocier d’aller faire mon étude dans une de ces zones, mais située à 20 km du centre du gouvernement où j’habite ! Il est donc pas question de me balader en vélo pour enquêter les paysans… J’ai aussi pas trop le choix des horaires de travail, il n’y a qu’un bus le matin pour y aller (7h30) et un bus le soir pour revenir (16h). Comme il n’y a pas de restaurant là-bas, je mange à l’école primaire, avec les instituteurs. J’ai réussi à négocier cet accueil en échange d’une heure de cours par semaine aux élèves de l’école (anglais, français, culture française, je peux leur apprendre ce que je veux, on verra finalement ce qui les intéresse).

Pendant mes déplacements, je suis accompagnée d’une étudiante qui travaille au bureau de l’administration du gouvernement local en même temps qu’elle fait sa thèse. C’est beaucoup mieux qu’au départ où j’avais des personnes différentes tous les jours, et qui ne comprenaient pas vraiment pourquoi je posais tant de questions… Apparemment, elle préfère aussi largement m’accompagner plutôt que travailler dans son bureau !

Voilà mon accompagnatrice attitrée
Voilà mon accompagnatrice attitrée

Bref, pour l’instant tout se passe bien, même si j’ai pris du retard dans mon travail du fait :
– de la non disponibilité des gens (une semaine de conférences et réunions où tout le monde devait assister, donc personne pour m’accompagner),
– de la neige (deux jours sans bus partant pour le village car le col était bloqué par la neige),
– de l’incompréhension du but de mon travail (deux jours par semaine sur le terrain, ça suffit, non ?).

Mais j’ai enfin trouvé à qui m’adresser en cas de problème : tout simplement le secrétaire du parti (n°1) du village. Il peut tout faire, et a même envoyé son propre chauffeur pour me chercher un jour où le bus est passé 1/2h plus tôt que la normale… En échange de cet accueil ? Le devoir de participer aux grands dîners quand il y a des gens importants (ou pas) qui viennent visiter le village. Y’a quand même pas souvent d’étrangers qui viennent dans la région, alors faut me montrer à tout le monde !

Chômage technique

Toute la semaine, les gens du centre d’agriculture du village sont en conférence. Personne ne peut apparemment m’accompagner pour aller enquêter les paysans… J’ai essayé de protester mais en vain. Finalement, on m’a orienté vers le secrétaire du parti, la personne le plus importante du village. Il m’a dit que si je lui donne un document détaillent exactement ce que je vais faire, il va chercher quelqu’un qui pourra m’accompagner tous les jours. Ca serait parfait ! Mais je ne me réjouis pas trop vite… Apparemment ça sera pas avant la semaine prochaine.

Du coup, je continue la biblio et j’étudie la géographie à partir des cartes de Google Earth (qui sont très bien faites, et on peut même avoir l’altitude !). J’ai fait des cartes, coupes et schémas de la zone pour faciliter mon travail sur le terrain. Ca me donne un peu la nostalgie de ces temps où les chercheurs, n’ayant pas les technologies modernes, passaient beaucoup de temps et de soin à dessiner ce qu’ils voyaient, afin de décrire précisément pour ceux qui ne l’ont jamais vu…

Eau chaude ?

Ici, il n’y a pas l’eau chaude au robinet. Vous direz : « Mais c’est horrible, comment font-ils ? » Facile, quand tout ne nous est pas donné sur un plateau, on s’adapte.

Pour le chauffage ? Il y a une chaudière à charbon à l’extérieur du bâtiment. Le chauffage n’est allumé qu’aux heures où c’est nécessaire : le soir quand il commence à faire nuit, et le matin quand les gens se lèvent. Ca évite le gaspillage que j’ai pu voir à Pékin l’an dernier où le chauffage était à fond 24h/24.

Stock de charbon pour l'eau chaude
Stock de charbon pour l’eau chaude

Pour la douche ? L’eau vient aussi d’une chaudière (la même ?) et alimente les douches collectives. Comme il n’y a que 2 douches et qu’il faut optimiser, l’eau chaude n’est disponible que le soir après 6 heures. Il y a aussi des tours parce que les hommes et les femmes utilisent les mêmes douches. Un jour les uns, le lendemain les autres. Manque de chance, la permière fois j’y suis allée le matin et pas le bon jour… C’est là que c’est utile de savoir lire les caractères chinois !

Pour le thé ou l’eau de boisson (car les chinois ne boivent pas l’eau du robinet et on les comprend), chaque personne a son propre thermos qu’on peut aller remplir à une autre chaudière, plus petite. Là aussi il y a des horaires. L’eau n’est chauffée qu’une fois par jour, aux alentours de 7h du matin… Il ne s’agit pas de se lever tard (de toutes façons le petit-déjeuner est à 7h40).

Remplissage du thermos d'eau chaude quotidien
Remplissage du thermos d’eau chaude quotidien

Fière d’être française ?

Sarkozy a réussi à être connu jusqu’au fin fond de la Chine, belle performance ! Bon d’accord, il a été très aidé par le gouvernement, mais quand même…
J’aimerais bien pouvoir passer un dîner « d’affaires » sans qu’on me rappelle qui est mon président et ce qu’il a fait ou dit l’an dernier. Où peut-être est-ce parce qu’ils n’ont rien d’autre à me dire… Qui sait ? En tout cas, j’ai bien compris mon rôle : ne rien dire.

Aujourd’hui, on a ouvert une bouteille de vin rouge local rien que pour moi. Quand auront-ils compris que ça ne sert à rien, jamais je ne participerai à leur « culture chinoise de l’alcool » (dont ils sont si fiers d’ailleurs). J’aime pas passer pour une impolie, mais c’est un peu leur faute de persister…

Apparemment, c’est un vin très fruité (à l’odeur, et à la lecture de l’étiquette). J’aimerais bien qu’un « vrai » Français vienne me dire de ce qu’il pense de ce vin. Que je sache si je dois leur dire de continuer à cultiver la vigne où s’ils peuvent arrêter là…