Archives pour la catégorie Polyglotte

《口香糖》 Kouxiang tang, de Liang Yongqi 梁咏琪

Je vous propose une deuxième chanson de Liang Yongqi, intitulée « Chewing Gum » 口香糖 🙂

Paroles en chinois :

Couplet 1
吹个泡泡  你还没到                    Chui ge paopao, ni hai mei dao
真希望天突然下冰雹                 Zhen xiwang tian turan xia bingbao
救护车  哇哇的赶到                     Jiuhu che, wawa de gandao
我当街晕倒                                        Wo dangjie yundao
好把你吓一跳                                  Hao ba ni xia yi tiao

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《胆小鬼》 Dan xiaogui, de Liang Yongqi

Voici une nouvelle chanson, d’une chanteuse que je ne connaissais pas, Liang Yongqi 梁咏琪 (alias Gigi Leung). J’aime beaucoup l’accompagnement et sa façon de chanter…

Les paroles raconte l’amour naissant entre une fille pas très courageuse (elle se compare à un hérisson 刺猬 toujours sur la défensive qui a peur des déceptions amoureuses 失恋) et un garçon aux goûts particuliers qui la taquine beaucoup (« 胆小鬼 », que l’on pourrait traduire par « petit diable peureux »)…

Paroles en chinois

C1.
你爱咖啡低调的感觉                ni ai kafei didiao de ganjue
偏爱收集的音乐                           bian ai shouji de yinyue
怪的很另类                                      guai de hen linglei
你很特别每一个小细节          ni hen tebie mei yi ge xiao xijie
哎呀呀呀                                            ai ya ya ya
如此的对味                                      ruci de duiwei Lire la suite 《胆小鬼》 Dan xiaogui, de Liang Yongqi

《卷珠帘》 Juan zhulian, de Hou Zun

Cette chanson a permis à 霍尊 Huo Zun de remporter la finale de la 1ère saison de l’émission « Les plus belles chansons chinoises » 《中国好歌曲》 en 2014.

Elle raconte l’attente d’une femme qui se fait belle, la nuit seule dans sa chambre, sans savoir si la personne qu’elle veut séduire viendra un jour. Les paroles sont très poétiques, écrites en chinois classique.

Paroles :

镌刻好  每道眉  间心上    juan ke hao mei dao mei jianxin shang
画间透过思量                        hua jian tou guo siliang
沾染了  墨色淌                      zhanran liao mose tang
千家文尽泛黄                        qian jia wen jin fan huang
夜静谧窗纱微微亮             ye jingmi chuangsha wei wei liang Lire la suite 《卷珠帘》 Juan zhulian, de Hou Zun

Arirang, chanson coréenne traditionelle

Voici une chanson connue de tous les Coréens et qui fait partie du patrimoine culturel des deux Corées. Son nom est 아리랑 Arirang (la prononciation du « r » est entre le « l » et le « r » roulé). On n’en connait pas l’origine exacte mais il existe actuellement des dizaines de versions de cette chanson traditionnelle, qui a aussi donné son nom à plusieurs films coréens.

Je vous propose d’écouter cette version de la chanteuse de jazz coréenne Youn Sun Na (나윤선) :

Pour ceux qui lisent le coréen, voici les paroles : Lire la suite Arirang, chanson coréenne traditionelle

De l’importance des traducteurs en littérature

A l’occasion du concours « Portraits de traducteurs littéraires », organisé par le Conseil européen des Associations de Traducteurs littéraires, le site Actualitté nous propose une vidéo qui parle de l’importance (ou de l’inutilité) des traducteurs littéraires.

Cette vidéo est un pamphlet dont la lecture est faite de manière tout à fait originale. Je vous la conseille, et surtout écoutez-la jusqu’au bout…

 

《农夫渔夫》 Nongu yufu, du duo Daqiao xiaoqiao

Voici une nouvelle chanson simple et agréable, accompagnée à la guitare et qui nous ramène à nos rêves de lycéens… Chantée par le duo du groupe 大乔小乔  (Daqiao xiaoqiao), le titre peut être traduit par « Paysan et pêcheur ».

Elle raconte le rêve d’une vie simple et en harmonie avec la nature : posséder un verger et des champs, vivre au fil des saisons et des travaux dans les champs, contempler les couchers de soleil, ou bien posséder une barque et partir en mer pêcher tous les matins. Le tout teinté d’un amour de jeunesse, où ils marcheraient main dans la main et passeraient leurs après-midi assis sur un grand arbre ou au bord de l’eau…

Paroles en chinois :

Couplet 1.
如果有一天我能够        ruguo you yi tian wo nenggou 
拥有一个大果园            yongyou yi ge da guoyuan
我愿放下所有追求        wo yuan fang xia suoyou zhuiqiu
做个农夫去种田            zuo ge nongfu qu zhongtian
每一个早晨我耕耘        mei yi ge zaocheng wo gengyun
在绿野田园                    zai lüye tianyuan
每一个黄昏我守望        mei yi ge huanghun wo shouwang
在乡间的麦田                zai xiangjian de maitian
我会把忧虑                    wo hui ba youlü
都融化在夕阳里            dou ronghua zai xiyang li
让孤独的心                    rang gudu de xin
等待秋收的欢喜            dengdai qiushou de huanxi Lire la suite 《农夫渔夫》 Nongu yufu, du duo Daqiao xiaoqiao

《当冬夜渐暖》 Dang dongye jiannuan, de Sun Yanzi

Voici une nouvelle chanson de Sun Yanzi 孙燕姿 que je viens de découvrir. J’aime beaucoup la musique et les sonorités des paroles qui sont originales. Pour ceux qui peuvent comprendre les paroles, je trouve qu’elles sont bien trouvées, avec beaucoup de poésie et une portée générale (notamment dans le 1er couplet) qui fait réfléchir sur le bonheur dû principalement à notre manière de voir les choses… Pour ceux qui ne parlent pas chinois, ou pas assez pour comprendre, fermez les yeux et écoutez 🙂

1er couplet
很多事情 不是谁说了就算
即使伤心 结果还是自己担
多少次失望 表示着多少次期盼
事实证明 幸福很难

2ème couplet
我们之间 不是谁说了就算
拉扯的爱 徒增结局的难堪
一百次相爱 只要有一次的绚烂
下一次 会更勇敢                       Lire la suite 《当冬夜渐暖》 Dang dongye jiannuan, de Sun Yanzi

Un livre sans lettres pour une histoire sans mots

Une histoire sans mots, de Xu Bing
Une histoire sans mots, de Xu Bing

Voici un livre pas comme les autres, dont la couverture est banale
mais qui attire immanquablement l’attention de celui qui se risque à l’ouvrir,
car l’intérieur ressemble à ça :
couverture-2

En effet, le titre est à prendre au mot ! C’est bien une histoire écrite sans utiliser ni mot, ni lettre (ni caractère chinois), qui est l’aboutissement d’un travail de recherche sur le langage du graphiste chinois Xu Bing (徐冰).

D’ailleurs, il est à noter que le titre chinois de l’ouvrage n’a rien à voir avec sa version française qui semble avoir été choisie pour attiser la curiosité des futurs lecteurs. En chinois, Xu Bing a intitulé son livre Dishu : cong dian dao dian (地书:从点到点), ce qui signifie quelque chose comme « Le livre de (ou sur) la terre : d’un point à un (autre) point ». Le titre n’est pas facile à comprendre ni à expliquer, on comprend mieux le choix des Éditions Grasset d’un titre plus direct qui interroge sur la forme plutôt que sur le fond de l’histoire…

Une fois passé l’étonnement, on est en droit de se demander si une histoire écrite uniquement avec des pictogrammes est réellement compréhensible par un lecteur non initié, et si l’histoire peut être assez élaborée pour être intéressante. Finalement, le texte se lit très facilement pour ceux qui ont l’habitude des smileys et autres normes signalétiques abondamment utilisés sur Internet et sur les appareils électroniques en tous genres. Le déchiffrage risque d’être plus difficile pour ceux qui ne sont pas passés à la nouvelle ère du numérique, mais pas impossible non plus vu que le travail de Xu Bing est avant tout la recherche d’un langage « universel » basé sur ce que les êtres humains ont en commun quelle que soit leur culture.

Concernant l’histoire, c’est sûr qu’elle n’est pas hautement philosophique mais elle permet de raconter avec assez de finesse le déroulement de la journée d’un employé de bureau tiraillé entre les échéances de son travail, les impératifs envers ses amis (e-mails, cadeaux, soutien moral…), la recherche d’une relation amoureuse… et devant faire face à de nombreux imprévus. Tout un programme ! Xu Bing nous fait donc réfléchir non seulement sur notre langage mais aussi sur les effets de la routine, le sens de la vie et le fait que nous ne sommes d’un petit point quelque part dans l’univers…

En conclusion, si vous aimez les découvertes et les casse-têtes (chinois), ce petit livre est un cadeau idéal, à lire en famille ou entre amis !

Neige, ou l’expérience d’une double traduction

Neige est un recueil de nouvelles de l’auteur tibétain Pema Tseden, publié par Philippe Picquier en janvier dernier.

Pema Tseden est aussi connu comme le premier cinéaste tibétain diplômé de l’Institut du Cinéma de Pékin. Pour en savoir plus sur son parcours et son oeuvre cinématographique, consultez le site de Birgitte Duzan consacré au cinéma chinois.

La publication de ce recueil est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, la littérature tibétaine est assez peu traduite en langues occidentales, et d’autant moins en français. D’autre part, ce recueil regroupe des nouvelles traduites à la fois du tibétain et du chinois. En effet, l’auteur écrit dans ces deux langues qu’il maîtrise aussi bien l’une que l’autre. La traduction de ce choix de textes a donc nécessité une collaboration entre deux traductrices : la tibétologue Françoise Robin et la sinologue Brigitte Duzan.

00000Lors d’une rencontre organisée le 19 avril à la librairie Le Phénix avec les deux traductrices, celles-ci ont évoqué la difficulté mais aussi l’intérêt de traduire à deux, à partir de textes écrits en langues différentes. Elles ont raconté avoir travaillé en lien étroit avec Pema Tseden, qui a lui-même choisi les nouvelles à traduire et à partir de quelle langue les traduire (car certaines nouvelles existent en deux version, chinoise et tibétaine).

Le résultat de ce travail donne un très beau recueil, emprunt de poésie et qui apporte un regard de l’intérieur sur la société tibétaine actuelle. Les nouvelles traitent de sujets très variés et avec des styles d’écriture très différents, ce qui rend la lecture d’autant plus agréable et non monotone. Les traductrices ont fait la remarque que Pema Tseden écrivait en tibétain des textes beaucoup plus poétiques et lyriques que ceux en chinois, au style très épuré.

Au sujet de cette traduction, je vous conseille l’article co-écrit pas les deux traductrices sur le site Chinese Short Stories.

N’hésitez donc pas à vous plonger dans ces histoires vivantes et originales…

00000Neige
de Pema Tseden
Trad. par Françoise Robin et Brigitte Duzan
Janvier 2013 – Ed. Philippe Picquier – 172 pages