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Documentaire sur l’ethnie Mosuo

Arte rediffuse en ce moment un documentaire datant de 2011, que j’avais déjà vu en novembre dernier, sur l’ethnie chinoise des Mosuo.

mosuo

Cette ethnie du sud-ouest de la Chine (Yunnan-Sichuan) est connue pour son organisation matrilinéaire. Les Mosuo (摩梭) sont très proches des Naxi (纳西), avec lesquels ils forment le groupe ethnique des Na. Dans ce documentaire, nous suivons deux familles d’un village situé près du lac Lugu, à une centaine de kilomètres de Lijiang (丽江), dans le Yunnan.

La principale différence avec la plupart des organisations sociales traditionnelles dans le monde, c’est que la famille est dirigée par une femme, l’ « amma » , et que les hommes restent toute leur vie dans la famille de leur mère, s’occupant des enfants de leur(s) sœur(s). La famille n’est pas basée sur le mariage, les relations amoureuses sont donc libres, puisqu’elles ne remettent pas en cause la structure familiale.

A part ça, l’organisation sociale des familles ne diffère pas vraiment de ce que l’on peut voir dans d’autres ethnies. Les femmes sont en charge des travaux ménagers et d’une bonne partie des travaux agricoles. Le rôle traditionnel des hommes est de labourer les champs, construire les maisons et commercer avec les villages voisins. On voit en effet les hommes s’occuper des enfants, Lire la suite Documentaire sur l’ethnie Mosuo

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« Baguettes chinoises » de Xinran

Xinran est une auteur chinoise écrivant directement en anglais. Elle a beaucoup écrit sur la situation des femmes en Chine. J’avais déjà lu Chinoises, qui raconte des épisodes de vie de plusieurs femmes, pas toujours très roses, mais très agréables à lire et donnant une vision originale de la Chine. Elle a aussi écrit Mémoire de Chine et Messages de mères inconnues, qui vient de paraître, toujours aux éditions Philippe Picquier. D’ailleurs, Xinran sera présente à la librairie Le Phénix mardi 25 janvier à 18h pour présenter ce nouveau livre (en savoir plus) !

00000Baguettes chinoises raconte l’histoire de trois sœurs venant de la campagne, qui arrivent à Nankin pour travailler, afin de montrer à leur père qu’elles valent plus que ce qu’il ne pense. Elles trouvent chacune un petit boulot qui leur convient, et on voit leur adaptation progressive à la vie en ville, avec chacune son caractère, sa vision des choses.

J’ai beaucoup aimé ce roman car Xinran y dépeint très bien les pensées des trois jeunes filles, surtout lorsqu’elles comparent la campagne ou leur famille avec leur nouvelle vie. Même si l’on peut trouver qu’elles ont un peu trop de « chance », on y apprend beaucoup de choses, et cela fait réfléchir sur la société chinoise actuelle, la place des femmes entre ville et campagne. Je vous le conseille, et en plus il vient de sortir en poche !!

A noter : Au début, je me suis demandé quelle était la signification des trois caractères chinois écrits sur la couverture, car ils ne forment ni un mot, ni une phrase : légumes 菜 (cài), eau 水 (shuǐ) et thé 茶 (chá). On comprend au fil de la lecture qu’ils représentent les métiers que chacune des sœurs on pu trouver en ville. Le titre aussi s’éclaircit à la lecture du roman…

Un air de Bretagne en Chine rurale

Ce matin, on vient me chercher plus tôt que l’heure normale pour manger. En effet, il y a très peu de gens le week-end donc l’horaire dépend surtout de quand les plats sont prêts. Je demande ce qu’il y a ce matin : des crèpes. Intérieurement, je me demande lesquelles, parce qu’ils font plusieurs types de 饼 (bǐng), des rondes et épaisses frites qui me rappellent le Maroc, des fines sèches un peu étouffe-chrétien, ou celles de l’université de Pékin, un peu salées avec un oeuf dessus, que j’aime beaucoup.

Bref, arrivée à la cantine, je vois que ce sont des nouvelles, que je n’ai encore jamais mangé. Elles sont assez épaisses, avec de la ciboulette. Je goûte… Ca me rappelle quelque chose, mais sans savoir l’identifier. Je demande avec quelle farine elles sont faites, on me répond « farine de… sarrasin ! ». Mais oui, ce goût me rappelle les crèpes bretonnes ! Je leur dit qu’on fait aussi des crèpes au sarrasin dans une région de France, et ils ont l’air intéressés.

Vous allez vous dire : mais comment se fait-il que je connaisse le mot « sarrasin » en chinois ? Eh bien, ici les gens mangent pas mal de sarrasin, soit les grains mélangés avec le riz, soit en faisant des nouilles avec. A force de ne pas savoir ce que signifiait le mot répété X fois, j’avais cherché dans le dictionnaire… Tout s’explique.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble le sarrasin (qui n’est pas une céréale, contrairement à ce qu’on pourrait penser, plus d’infos ici), en voici les graines :

Bref, ça fait un drôle d’effet de manger des crèpes au sarrasin en plein milieu de nulle part en Chine. Comme quoi, il faut s’attendre à tout !

Chifeng – Mai 2009

Mais où ai-je atterri ?

Après le petit déjeuner, me voilà donc partie vers mon lieu de stage. On traverse des montagnes et vallées, le paysage est très beau et me rappelle le Maroc, avec les reboisements et les cultures en terrasse. Je suis contente d’être de retour en montagne, mais on redescent pour arriver au village, dans une large vallée. Je suis un peu déçue…

Toujours conduits par le « maire » du village, on arrive dans les locaux du gouvernement (communiste) local. C’est là que je vais habiter, à deux portes de bureau du maire. Apparemment, j’y serai en sécurité. La chambre fait environ 15m², avec un lit, un bureau, deux chaises et une télé. Ces chambres sont en fait des bureaux-chambres pour les employés. Ca me va très bien : il y a Internet (je n’y croiyais pas en allant dans un coin si reculé de la Chine)…

Je suis rassurée car je vais bien pouvoir aller où je veux, poser les questions que je veux (en rapport avec mon stage), mais toujours accompagnée, pour m’aider à comprendre ce que les paysans diront, et pour ma sécurité. Le problème, c’est que je ne peux même pas sortir seule dans la rue principale pour acheter quelque chose… C’est un peu exagéré ! C’est pas si dangereux que ça. Enfin, je vais pas être contrariante dès le premier jour, j’espère que ça s’adouciera un peu avec le temps…

Je pars demain pour un premier aperçu de la zone. Ca risque d’être intéressant…

Petit tour dans la campagne du Henan

Je vais essayer de vous donner un petit aperçu de cette campagne dans laquelle j’ai fait un très court passage. J’ai essayé de toujours ouvrir les yeux, à la lumière de tout ce que j’avais pu lire avant.

Cour, cuisine et porte d'entrée
Cour, cuisine et porte d’entrée

Au niveau de la qualité de vie, il semble qu’il y ait des puits et les gens peuvent avoir l’eau courante s’ils font eux-mêmes les travaux, mais je peux avoir mal compris. Ils ont l’électricité et tous la télévision. Les meubles sont peu nombreux et assez anciens, mais il y a le minimum. Pour faire la cuisine, là où je suis allée, ils avaient le choix entre une gaziniène (avec bombonne qu’il faut changer), un feu à bois ou un feu avec du charbon (machine métallique où il suffit de changer le cylindre de charbon quand il est fini). Tout se cuisine avec un walk donc il n’y a pas besoin de four mais seulement un feu. Pour faire bouillir on utilise le même walk (ou un autre si on en a plusieurs).

Les gens n’ont bien sûr pas de voiture mais des vélos, voire des tricycles à moteur ou des mobilettes. Sinon, il y a les bus.

Mais que mangent les chèvres ??
Mais que mangent les chèvres ??

Pour l’agriculture, chaque petite parcelle de terrain semble être mise à profit. Devant certains magasins, on voit une petite parcelle de jeunes arbres fruitiers. Sont-ils plantés par les autorités où par les gens eux-même, je l’ignore. Des arbres aussi sont plantés sur les bord des routes ou des parcelles par les paysans. En effet, la surface par agriculteur en Chine est très petite (0,65 ha en moyenne), il faut donc exploiter au maximum.

Comme cultures, on voit surtout du blé, du maïs ou des légumes. Les paysans disent que la situation a changé récemment : avant ils cultivaient un peu de tout, maintenant, presque tout le monde cultive du blé et des légumes en hiver. Seules certaines personnent possèdent des tracteurs et outils pour labourer et semer. Les autres les paient pour semer et récoltent ensuite eux-mêmes avec des outils manuels. Il y très peu d’animaux là où je suis allée. Seulement quelques chèvres et moutons qui pâturaient sur le jeune blé des autres (pas toujours au courant).

Le gouvernement oblige aujourd’hui à planter des arbres sur les parcelles proches des routes, afin d’améliorer la qualité de l’air. Ils ont une aide financière en compensation, mais ils continuent à cultiver sous les arbres. Les arbres ne leur donnent pas un revenu régulier tous les ans… J’ai donc vu des gens planter des graines au milieu des parcelles de blé déjà semées.

Tombes dans les champs de blé
Tombes dans les champs de blé

Un autre détail qui m’a choqué : les tombes un peu partout dans les champs, et pas peu nombreuses. Chaque famille a son propre mini-cimetière et la surface occupée peut être assez grande. On a un peu l’impression d’être en permenance dans un cimetière. Il faut aussi penser qu’ils perdent ainsi de la surface cultivable, déjà qu’ils en manqent. Mais avant, c’était leur seul moyen d’enterrer les gens, et de pouvoir aller se recueillir régulièrement. Aujourd’hui c’est interdit et les gens sont obligés de se faire incinérer. Des gens continuent à enterrer « clandestinement » la nuit. Il faut aussi remarquer que beaucoup de paysans sont chrétiens…

Prendre le bus à la campagne

Quand j’étais dans le Henan, j’ai bien sûr voulu voir plusieurs endroits. Apparemment, le plus rapide, c’est le bus (ou mini-bus) longue distance. Le train mets encore plus de temps, en s’arrêtant très souvent. J’ai donc testé bus dans la campagne chinoise. Ca vaut le coup mais il ne faut pas être pressé.

En effet, le premier jour, je suis allée dans les montagnes Songshan voir le temple Shaolin. Ca a beau être un site touristique, les bus ne sont pas très fréquents. Nous sommes arrivés à la gare et avons pris un bus plus d’une heure après. Au passage, il ne semble pas exister de billet que l’on peut prendre la veille, ou alors les chinois ne profitent généralement pas de cette possibilité. Du coup, on arrive à la gare routière et voit à quelle heure est le prochain bus.

Le bus part à l’heure, mais avec seulement 3 passagers. Or, le ticket est à 18 yuan (soit 1,8€). Ca semble irréel de faire un parcours de 2h de bus avec 3 personnes. Mais on aura vite compris : Lire la suite Prendre le bus à la campagne