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Vivre la Chine à ma façon, de Lisa Carducci

Ce livre a été écrit par une Canadienne d’origine italienne qui vit en Chine depuis de nombreuses années. Elle y décrit la vie quotidienne des chinois à travers de petites histoires et anecdotes, illustrées par des dessins. C’est très agréable et divertissant, mais elle donne surtout une vision très pertinente sur les petits détails qui rythment la vie des chinois, et dont les livres qui traitent de la Chine ne parlent pas souvent. Enthousiasmant, d’autant plus que je l’ai lu au milieu d’un séjour de 6 mois à Pékin, rendant d’autant plus proche ce qu’elle y raconte.

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Vivre la Chine à ma façon
de Lisa Carducci
Langues Etrangères Editions
Shanghai, 2007

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Hôpitaux

J’ai une très faible connaissance des hôpitaux en Chine. Je n’y suis allée qu’une fois après m’être fait une coupure assez profonde à un doigt, mais j’en ai un peu entendu parler autour de moi. En effet, les étudiants de l’université n’ont rien en matière de premiers soins. Dès qu’il y a le moindre problème, ils vont à l’hôpital de l’université. Heureusement, en tant qu’étudiants, ils ont des prix extrêmement bas. Pour m’être fait soigner 10 minutes, je n’ai payé que 2 yuans (soit 0,20€). C’est vraiment ridicule et j’aurais payé plus cher que ça à l’extérieur, peut être 10 ou 20 fois plus. Pour moi, ça n’est pas grave, mais pour les étudiants, c’est très important. Une bonne partie n’ont déjà pas assez d’argent pour les études, la nourriture et les habits, alors s’il leur fallait dépenser beaucoup dès qu’ils se blessent (en faisant du sport, par exemple), ça serait inhumain. J’imagine que les gens travaillant à l’hôpital sont payés par l’Etat ou par des subventions.

Un autre gros problème des hôpitaux en Chine est que les chinois n’ont pas d’assurance maladie. C’est donc une très grosse difficulté pour eux de payer lorsqu’ils son hospitalisés. Un jour à l’hôpital coûte plusieurs milliers de yuans. Or, le salaire d’un employé dans un hôtel est d’environ 800 yuans par mois, celui d’un paysan moyen entre 2000 et 3500 yuans par an (en 2003), et les gens qui font des petits travaux dans la rue peuvent travailler toute la journée pour gagner 30-50 yuans. Donc, si vous êtes hospitalisé 4 jours du fait d’une maladie grave, il vous faudra peut-être payer 12 000 yuans ! Imaginez le décalage. On comprend qu’à la campagne, les gens se soignent eux-mêmes, avec la médecine traditionnelle. Vous avez aussi sûrement entendu parler des fameux « médecins aux pieds nus » envoyés dans les campagnes pour améliorer les conditions de santé des plus pauvres. Je ne sais pas s’il y en a encore maintenant.

Une autre conséquence du problème de paiement est que ce sont les gens qui ont le plus d’argent qui sont soignés le mieux. En effet, après avoir payé le prix normal, on peut payer directement l’infirmière en échange de soins particuliers. L’argent manquant et le grand nombre de malades font que les gens ne sont pas aussi bien surveillés que dans nos hôpitaux français. Si vous donnez une compensation à une personne travaillant dans l’hopital où est soigné un membre de votre famille, vous serez ainsi sûr qu’il sera bien traité.

Je finis avec une anecdote que j’ai lue dans Vivre la Chine à ma façon, de Lisa Carducci (très bon livre décrivant la vie quotidienne en Chine). Une femme immigrante enceinte étant tombée dans la rue s’est réveillée menottée à un lit d’hôpital. Le médecin qui l’a soigné ne pouvait plus laisser les patients s’enfuir sans payer une fois soignés. La suite ne dit pas s’il a réellement été payé…