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Salon du livre 2015

salonlivre2015Le Salon du Livre approche !

Il aura lieu cette année du 20 au 23 mars 2015, au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Cette année, le pays invité est le Brésil et la ville invitée est Cracovie.

Comme chaque année, la Librairie Le Phénix tiendra le stand de l’éditeur Philippe Picquier, spécialisé dans la traduction de littérature asiatique. Mais la littérature asiatique se trouvera bien sûr sur une grande partie des stands des éditeurs.

Seront notamment présentes les maisons d’édition Actes Sud, qui publie entre autres les auteurs Yu Hua, Chi Li, Aki Shimazaki ou Yoko Ogawa  ; Cambourakis, avec l’auteur de bande dessinée chinoise Golo Zhao ; Elytis et leurs carnets de voyage ; Gallimard, avec la collection Bleu de Chine et le nouveau tome de la Pléiade Anthologie de la Poésie chinoise ; Intervalles, avec le récit de voyage Un devin m’a dit, le roman vietnamien Une bien modeste famillle,  ou l’essai 1421, l’année où la Chine a découvert l’Amérique ; Nobi Nobi, éditeur de livres japonais ; Seuil/Points, avec entre autres une grande partie des œuvres du prix Nobel de littérature chinoise Mo Yan ; Riveneuve, avec une collection remarquable de littérature vietnamienne contemporaine ; Zulma, avec quelques titres de littérature asiatique ; et bien d’autres…

A vous de faire vos découvertes !

Tokyo Express

a-couvLorsqu’un couple empoisonné au cyanure est découvert au petit matin sur une plage du sud du Japon, tout semble faire penser à un suicide amoureux… sauf un mystérieux ticket de restaurant et le fait que l’homme soit le principal témoin d’une affaire de corruption qui touche un ministère. L’enquête est rapidement classée mais un inspecteur de Tokyo continue ses recherches à propos d’un homme qui semble s’être donné beaucoup de mal pour « fabriquer des témoins »…

Dans Tokyo Express, Seicho Matsumoto nous fait voyager du sud au nord du Japon, les yeux rivés sur les horaires de trains, dans lesquels semble se trouver la clé de ce double meurtre.

Ce polar japonais écrit à la fin des années 1950 est l’un des plus célèbres de l’auteur et de la littérature japonaise contemporaine. La traduction, de bonne qualité, rend sa lecture très agréable. L’intrigue bien ficelée nous amène à une conclusion de l’enquête peu glorieuse pour les institutions japonaises. J’ai quand même trouvé quelques longueurs et répétitions qui semblent écrites pour guider le lecteur, mais qui peuvent vite devenir lassantes… Lire la suite Tokyo Express

Dans la peau d’un pickpoket japonais

a-couvPickpocket, de Nakamura Fuminori, traduit par Myriam Dartois-Ako, est paru en 2013 aux éditions Philippe Picquier. Il avait reçu en 2010 le prix littéraire japonais Kenzaburō Ōe.

J’ai vraiment aimé la lecture de ce roman noir qui nous plonge dans la peau d’un pickpocket expérimenté semblant se satisfaire d’une vie monotone à détrousser les hommes riches dans les transports, avec une agilité hors du commun. Ses techniques pour choisir ses cibles et extraire les porte-feuilles sans qu’elles ne s’en rendent compte sont particulièrement bien décrites et les réflexions personnelles du pickpocket apportent un aspect social et psychologique au récit. En effet, le voleur met un point d’honneur à rendre les portefeuilles à leurs propriétaires en les déposant dans des boîtes postales après avoir subtilisé l’argent.

Cependant, cet équilibre va être bouleversé lorsqu’un yakuza s’intéresse à lui et l’entraine dans des affaires d’une toute autre ampleur… Il n’a alors plus son mot à dire est doit faire profiter la pègre de ses talents de pickpocket, sous une pression qui pèse sur lui à chaque instant.

Malgré la noirceur de l’intrigue, l’analyse psychologique du personnage et la description de cet univers des mis au ban de la société japonaise apportent beaucoup à l’intérêt de ce roman, qui se lit d’une traite.

A lire absolument si ce thème vous intéresse. D’ailleurs, le format poche devrait sortir en début d’année prochaine 🙂

Titre original : 掏摸 (Suri)

La beauté du diable, de Radhika Jha

couv Voici un livre dont je veux absolument parler car je trouve que l’on pourrait trop facilement passer à côté. Le titre rappelle Le diable s’habille en Prada mais à part le sujet qui aborde les vêtements de marque, l’histoire n’a rien à voir avec le roman de Lauren Weisberger. D’ailleurs, le titre original est My beautifil shadow, que je trouve plus à l’image du roman. En lisant la quatrième de couverture, on pourrait penser que ce roman n’aborde que le monde des grandes marques et la superficialité de la mode, mais c’est en réalité une plongée au cœur de la société japonaise, décrite avec beaucoup de finesse, tout autant que les pensées et émotions de la narratrice.

On est ici dans le Japon moderne, où l’on suit une mère au foyer qui nous raconte son histoire. Mariée jeune sans avoir été à l’université, Kayo a une existence sans saveur, entre un mari pris par son travail, des voisins qui l’épient et une mère qui désapprouve son choix de vie, ne lui ayant même pas offert de kimono pour son mariage, comme le veut la tradition. Elle se confie au lecteur, mais on découvre au fil du roman qu’elle s’adresse en réalité à une personne en particulier, lui demandant de ne pas la juger trop sévèrement… Lire la suite La beauté du diable, de Radhika Jha

Princesse Bari, de Hwang Sok-yong

bariPrincesse Bari est un roman sur l’exil d’une jeune fille qui fuit la famine en Corée du nord, perd la trace de sa famille et se trouve obligée d’émigrer en Chine puis en Grande Bretagne où elle tentera de refaire sa vie loin des siens.

Septième fille d’une famille pauvre, Bari est abandonnée à la naissance mais sauvée et ramenée par leur chienne. Sa grand-mère la nommera Bari en référence à une légende coréenne dans laquelle la dernière née est aussi abandonnée par ses parents et se voit dotée d’une mission de parcourir le monde pour trouver l’élixir qui sauvera son père malade (un joli album a été publié en 2007 racontant cette légende).

Protégée par sa grand-mère qui lui transmettra ses dons de chamanisme, elle survit et tente de fuir la Corée du nord avec sa famille. Elle se retrouve finalement seule et devra faire face à toutes sortes de difficultés lors de son périple, pour continuer à vivre en espérant revoir sa famille un jour. Elle sera prise sous la protection d’une Chinoise qui lui enseignera le massage des pieds, lui permettant ainsi de mieux gagner sa vie et plus tard d’éviter le pire…

Ce roman est à la fois très réaliste, décrivant sans détour les difficultés et horreurs auxquelles Bari est confrontée, mais aussi plein de poésie, notamment par les visions chamaniques de Bari qui lui permettent de rester en contact avec sa grand-mère, de fuir la réalité dans les pires moments et de garder espoir en l’avenir. Mêlant réalité et imaginaire (légendes, chamanisme, visions, parcours initiatique), il nous rappelle que la vie est une succession d’épreuves, que rien n’est jamais acquis définitivement mais qu’il faut tout de même aller de l’avant pour continuer à vivre…

Princesse Bari, de Hwang Sok-yong. Philippe Picquier, 2013.

La Corée du Sud invitée du Salon du Livre 2016

L’information vient d’être dévoilée à la fin du mois de juin, après la Chine en 2004, l’Inde en 2007, le Japon en 2012, Shanghai en 2013, c’est la Corée du Sud qui sera le pays invité d’honneur du Salon du Livre en 2016…

Une occasion de mieux connaître la littérature coréenne traduite en français, notamment grâce aux éditions Philippe PicquierDeCrescenzoImagoAtelier des cahiersZulma, et bien d’autres !

[SourceLivre Hebdo]

Pour découvrir la littérature coréenne, je vous conseille le dossier bibliographiqueproposé par la médiathèque de la ville de Strasbourg, ainsi que l’article synthétique de Jean-Noël Juttet disponible sur le site de Keulmadang, revue de littérature coréenne dirigée par Jean-Claude De Crescenzo.

Les pâtisseries magiques de la Wizard Bakery

couvertureFuyant les mauvais traitements de sa belle-mère, un garçon de 16 ans se réfugie dans la pâtisserie de son quartier, où il découvre que le pâtissier vend sur Internet des gâteaux aux pouvoirs étranges et que la vendeuse Oiseau-bleu n’est pas une jeune fille ordinaire…

Dans son roman Les petits pains de la pleine lune, récemment paru en format poche aux éditions Philippe Picquier, Gu Byeong-mo nous transporte dans un monde où la magie et la réalité s’entremêlent, où chacun doit assumer ses choix et ne pas penser que la magie pourra régler tous ses problèmes.

La lecture de ce court roman est très agréable malgré la dure réalité à laquelle est confronté le jeune narrateur qui n’est pas choyé par sa famille et se voit rejeté par la société à cause de son bégaiement. Son séjour dans cette pâtisserie peu ordinaire lui fera comprendre qu’il vaut mieux affronter ses difficultés plutôt que de les esquiver, et que l’amitié peut l’aider à trouver un sens à sa vie.

J’ai trouvé le sujet et la façon de le traiter très originaux et j’ai particulièrement apprécié le fait que l’auteur ait écrit deux fins possibles à cette histoire, ce qui lui donne de la hauteur au lieu de se terminer sur un lieu commun ou un optimisme excessif.

Je vous en conseille donc vivement la lecture !

Cuisiner pour le bonheur des autres et de soi-même

ogawa
Le restaurant de l’amour retrouvé, d’Ogawa Ito, publié aux éditions Philippe Picquier

Dans Le restaurant de l’amour retrouvé, tout commence par un abandon. Rinco, jeune japonaise de 25 ans, se retrouve sans rien après le départ inopiné de son petit-ami indien et n’a pas d’autre choix que de revenir habiter chez sa mère, avec qui elle ne s’est jamais vraiment entendu. Ce choc lui fait perdre la voix mais sera l’occasion d’un nouveau départ. Elle décide de monter un restaurant dans ce petit village de montagne et de mettre ses talents de cuisine à profit pour concocter des repas sur commande, ne servant qu’une seule table à la fois, après avoir longuement discuté avec ses clients pour savoir ce qui leur ferait réellement plaisir. Choisissant des aliments de premier choix, venant de la forêt voisine ou produits localement, elle émerveille ses clients et leur redonne goût à la vie.

Beaucoup de choses s’entremêlent dans ce livre : la déception amoureuse, les relations entre mère et fille, entre grand-mère et petite fille, l’amour de la cuisine, des choses bien faites, des bons produits, le don de soi, le partage d’expérience, l’harmonie avec la nature, l’importance de la parole pour faire passer ses émotions, les mythes de l’enfance… Lire la suite Cuisiner pour le bonheur des autres et de soi-même

Neige, ou l’expérience d’une double traduction

Neige est un recueil de nouvelles de l’auteur tibétain Pema Tseden, publié par Philippe Picquier en janvier dernier.

Pema Tseden est aussi connu comme le premier cinéaste tibétain diplômé de l’Institut du Cinéma de Pékin. Pour en savoir plus sur son parcours et son oeuvre cinématographique, consultez le site de Birgitte Duzan consacré au cinéma chinois.

La publication de ce recueil est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, la littérature tibétaine est assez peu traduite en langues occidentales, et d’autant moins en français. D’autre part, ce recueil regroupe des nouvelles traduites à la fois du tibétain et du chinois. En effet, l’auteur écrit dans ces deux langues qu’il maîtrise aussi bien l’une que l’autre. La traduction de ce choix de textes a donc nécessité une collaboration entre deux traductrices : la tibétologue Françoise Robin et la sinologue Brigitte Duzan.

00000Lors d’une rencontre organisée le 19 avril à la librairie Le Phénix avec les deux traductrices, celles-ci ont évoqué la difficulté mais aussi l’intérêt de traduire à deux, à partir de textes écrits en langues différentes. Elles ont raconté avoir travaillé en lien étroit avec Pema Tseden, qui a lui-même choisi les nouvelles à traduire et à partir de quelle langue les traduire (car certaines nouvelles existent en deux version, chinoise et tibétaine).

Le résultat de ce travail donne un très beau recueil, emprunt de poésie et qui apporte un regard de l’intérieur sur la société tibétaine actuelle. Les nouvelles traitent de sujets très variés et avec des styles d’écriture très différents, ce qui rend la lecture d’autant plus agréable et non monotone. Les traductrices ont fait la remarque que Pema Tseden écrivait en tibétain des textes beaucoup plus poétiques et lyriques que ceux en chinois, au style très épuré.

Au sujet de cette traduction, je vous conseille l’article co-écrit pas les deux traductrices sur le site Chinese Short Stories.

N’hésitez donc pas à vous plonger dans ces histoires vivantes et originales…

00000Neige
de Pema Tseden
Trad. par Françoise Robin et Brigitte Duzan
Janvier 2013 – Ed. Philippe Picquier – 172 pages

La colère des aubergines

00000Un recueil de nouvelles très agréables à lire, qui dissèque les relations familiales et l’importance de la cuisine et des cuisinière dans les familles indiennes où toutes les générations vivent sous un même toit…

Chaque nouvelle se termine par la recette d’un plat évoqué dans le texte qui la précède. Dans la préface, l’auteur tient à se décharger de toute responsabilité quand à la réussite des recettes 😉

Voyage intéressant dans un pays que l’on connait peu. Les découvertes sont enthousiasmantes, mais la réflexion sur la condition des femmes prend souvent le dessus…

La colère des aubergines, de Bulbul SHARMA. Editions Philippe Picquier, 1999.