Archives pour la catégorie Nouvelles

Neige, ou l’expérience d’une double traduction

Neige est un recueil de nouvelles de l’auteur tibétain Pema Tseden, publié par Philippe Picquier en janvier dernier.

Pema Tseden est aussi connu comme le premier cinéaste tibétain diplômé de l’Institut du Cinéma de Pékin. Pour en savoir plus sur son parcours et son oeuvre cinématographique, consultez le site de Birgitte Duzan consacré au cinéma chinois.

La publication de ce recueil est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, la littérature tibétaine est assez peu traduite en langues occidentales, et d’autant moins en français. D’autre part, ce recueil regroupe des nouvelles traduites à la fois du tibétain et du chinois. En effet, l’auteur écrit dans ces deux langues qu’il maîtrise aussi bien l’une que l’autre. La traduction de ce choix de textes a donc nécessité une collaboration entre deux traductrices : la tibétologue Françoise Robin et la sinologue Brigitte Duzan.

00000Lors d’une rencontre organisée le 19 avril à la librairie Le Phénix avec les deux traductrices, celles-ci ont évoqué la difficulté mais aussi l’intérêt de traduire à deux, à partir de textes écrits en langues différentes. Elles ont raconté avoir travaillé en lien étroit avec Pema Tseden, qui a lui-même choisi les nouvelles à traduire et à partir de quelle langue les traduire (car certaines nouvelles existent en deux version, chinoise et tibétaine).

Le résultat de ce travail donne un très beau recueil, emprunt de poésie et qui apporte un regard de l’intérieur sur la société tibétaine actuelle. Les nouvelles traitent de sujets très variés et avec des styles d’écriture très différents, ce qui rend la lecture d’autant plus agréable et non monotone. Les traductrices ont fait la remarque que Pema Tseden écrivait en tibétain des textes beaucoup plus poétiques et lyriques que ceux en chinois, au style très épuré.

Au sujet de cette traduction, je vous conseille l’article co-écrit pas les deux traductrices sur le site Chinese Short Stories.

N’hésitez donc pas à vous plonger dans ces histoires vivantes et originales…

00000Neige
de Pema Tseden
Trad. par Françoise Robin et Brigitte Duzan
Janvier 2013 – Ed. Philippe Picquier – 172 pages

Publicités

Le rôles des femmes dans la littérature coréenne

Il y a deux semaines avait lieu au Centre Culturel Coréen de Paris une conférence intitulée « La femme dans la culture coréenne » donnée par Benjamin Joinau.

Si vous êtes intéressés par la littérature coréenne, vous pouvez réécouter la conférence grâce à la vidéo mise en ligne par le Centre Culturel Coréen.

Lien direct : https://www.youtube.com/watch?v=x2CdmrWOoDM

Vous pouvez aussi lire l’article de Benjamin Joignau sur ce thème, publié dans la revue Culture Coréenne de fin 2012.

En complément, je vous conseille aussi la lecture de ces deux recueils de nouvelles écrites par des auteurs coréens contemporains :

Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée
2011 : Editions Zulma, 382 p.

00000

Séoul, vite, vite !
2012 : Ed. Philippe Picquier, 288 p.

00000

La colère des aubergines

00000Un recueil de nouvelles très agréables à lire, qui dissèque les relations familiales et l’importance de la cuisine et des cuisinière dans les familles indiennes où toutes les générations vivent sous un même toit…

Chaque nouvelle se termine par la recette d’un plat évoqué dans le texte qui la précède. Dans la préface, l’auteur tient à se décharger de toute responsabilité quand à la réussite des recettes 😉

Voyage intéressant dans un pays que l’on connait peu. Les découvertes sont enthousiasmantes, mais la réflexion sur la condition des femmes prend souvent le dessus…

La colère des aubergines, de Bulbul SHARMA. Editions Philippe Picquier, 1999.

Le rêve d’habitation de Lao She

Voici une réflexion de Lao She que j’aime beaucoup. Vous trouverez sa traduction en français par Claude Payen, dans le recueil Ecrits de la maison des rats, publié chez Picquier.

00000

 “住”的梦
老舍 著

在北平与青岛住家的时候,我永远没想到过:将来我要住在什么地方去。在乐园里的人或者不会梦想另辟乐园吧。

在抗战中,在重庆与它的郊区住了六年。这六年的酷暑重雾,和房屋的不像房屋,使我会作梦了。我梦想着抗战胜利后我应去住的地方。

不管我的梦想能否成为事实,说出来总是好玩的:

春天,我将要住在杭 州。二十年前,我到过杭州,只住了两天。那是旧历的二月初,在西湖上我看见了嫩柳与菜花,碧浪与翠竹,山上的光景如何?没有看 到。三四月的莺花山水如何,也无从晓得。但是,由我看到的那点春光,已经可以断定杭州的春天必定会教人整天生活在诗与图画中的。所以,春天我的家应当是在 杭州。

夏天,我想青城山应当 算作最理想的地方。在那里,我虽然只住过十天,可是它的幽静已拴住了我的心灵。在我所看见过的山水中,只有这里没有使我失望。 它并没有什么奇峰或巨瀑,也没有多少古寺与胜迹,可是,它的那一片绿色已足使我感到这是仙人所应住的地方了。到处都是绿,而且都是像嫩柳那么淡,竹叶那么 亮,蕉叶那么润,目之所及,那片淡而光润的绿色都在轻轻的颤动,仿沸要流入空中与心中去似的。这个绿色会像音乐似的,涤清了心中的万虑,山中有水,有茶, 还有酒。早晚,即使在暑天,也须穿起毛衣。我想,在这里住一夏天,必能写出一部十万到二十万的小说。

假若青城去不成,求其 次者才提到青岛。我在青岛住过三年,很喜爱它。不过,春夏之交,它有雾,虽然不很热,可是相当的湿闷。再说,一到夏天,游人来 的很多,失去了海滨上的清静。美而不静便至少失去一半的美。最使我看不惯的是那些喝醉的外国水兵与差不多是裸体的,而没有曲线美的妓女。秋天,游人都走 开,这地方反倒更可爱些。

不过,秋天一定要住北 平。天堂是什么样子,我不晓得,但是从我的生活经验去判断,北平之秋便是天堂。论天气,不冷不热。论吃食,苹果,梨,柿,枣, 葡萄,都每样有若干种。至于北平特产的小白梨与大白海棠,恐怕就是乐园中的禁果吧,连亚当与夏娃见了,也必滴下口水来!果子而外,羊肉正肥,高梁红的螃蟹 刚好下市,而良乡的栗子也香闻十里。论花草,菊花种类之多,花式之奇,可以甲天下。西山有红叶可见,北海可以划船——虽然荷花已残,荷叶可还有一片清香。 衣食住行,在北平的秋天,是没有一项不使人满意的。即使没有余钱买菊吃蟹,一两毛钱还可以爆二两羊肉,弄一小壶佛手露啊!

冬天,我还没有打好主 意。香港很暖和,适于我这贫血怕冷的人去住,但是“洋味”太重,我不高兴去。广州,我没有到过,无从判断。成都或者相当的合 适,虽然并不怎样和暖,可是为了水仙,素心腊梅,各色的茶花,与红梅绿梅,仿佛就受一点寒冷,也颇值得去了。昆明的花也多,而且天气比成都好,可是旧书铺 与精美而便宜的小吃食远不及成都的那么多,专看花而没有书读似乎也差点事。好吧,就暂时这么规定:冬天不住成都便住昆明吧。

在抗战中,我没能发了 国难财。我想,抗战结束以后,我必能阔起来,唯一的原因是我是在这里说梦。既然阔起来,我就能在杭州,青城山,北平,成都,都 盖起一所中式的小三合房,自己住三间,其余的留给友人们住。房后都有起码是二亩大的一个花园,种满了花草;住客有随便折花的,便毫不客气的赶出去。青岛与 昆明也各建小房一所,作为候补住宅。各处的小宅,不管是什么材料盖成的,一律叫做“不会草堂”——在抗战中,开会开够了,所以永远“不会”。

那时候,飞机一定很方便,我想四季搬家也许不至于受多大苦处的。假若那时候飞机减价,一二百元就能买一架的话,我就自备一架,择黄道吉日慢慢的飞行。

1945年5月《民主世界》第2期