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Encyclopédie gourmande de la Chine

Un livre que l’on peut passer des heures à feuilleter, qui fait le lien entre la culture et la cuisine chinoise, très illustré de photos et parsemé de recettes.

Il est gros et lourd, mais pas cher pour le contenu… Tout le monde peut y retrouver des images de ce qu’il a pu voir en Chine ou simplement dans un restaurant chinois à Paris.

Ce n’est pas seulement un livre de cuisine, mais une vision à multiples facette de la culture, du point de vue et autour de la cuisine ^^

美食家不可缺少的一本书!

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Encyclopédie Gourmande : Chine
Recettes – Terroirs – Spécialités
2010 : Editions Ullmann
456 pages

S’acculturer ou ne pas s’acculturer

Malgré que cela fasse quelques années que je suis immergée dans la culture chinoise (lors de mes stages en Chine, mais aussi à Paris dans la communauté chinoise étudiante), il reste encore des choses auxquelles j’ai du mal à m’habituer.

Choses auxquelles je suis maintenant habituée
– la circulation désordonnée, la dureté des lits, la chaleur l’été, le confort minimum de la campagne,
– la nourriture et sa diversité (dans les grands restaurants autant qu’à la table des paysans), comment manier les baguettes, le petit déjeuner chinois (voir mes notes Petit déjeuner chinois et Petit déjeuner mongol), l’absence de produits laitiers ou de desserts dignes de ce nom,
– la façon de saluer ou de s’adresser aux gens et toute la gestuelle qui va avec. Par exemple, saluer de la tête en souriant, ne pas dire « nihao » mais « ah, tu es rentré » ou autre commentaire sur ce que la personne est en train de faire quand on arrive, ne pas dire « oui » mais un « hm » discret avec un petit signe de tête ou au contraire « shi a ! » « dui a ! » avec emphase pour acquiescer.

Choses que j’ai du mal à supporter
– le fait que les chinois parlent très fort lorsqu’ils sont en groupe (notamment au restaurant) ou au téléphone, ce qui fait qu’on a toujours l’impression qu’ils sont énervés et cela vous donne mal à la tête au bout d’une heure au restaurant.
– la saleté et la pollution de certains endroits, notamment la banlieue de Pékin ou certains villages de la campagne, où, comme au Maroc, on voit des amas de déchets dans la nature, et notamment près de points d’eau. Regardez ces canards qui pataugent dans les déchets…

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– la politesse chinoise qui veut qu’on exagère toujours les compliments faits aux gens, ce dont on a pas du tout l’habitude en France.
– l’accueil chinois des invités Lire la suite S’acculturer ou ne pas s’acculturer

Vivre la Chine à ma façon, de Lisa Carducci

Ce livre a été écrit par une Canadienne d’origine italienne qui vit en Chine depuis de nombreuses années. Elle y décrit la vie quotidienne des chinois à travers de petites histoires et anecdotes, illustrées par des dessins. C’est très agréable et divertissant, mais elle donne surtout une vision très pertinente sur les petits détails qui rythment la vie des chinois, et dont les livres qui traitent de la Chine ne parlent pas souvent. Enthousiasmant, d’autant plus que je l’ai lu au milieu d’un séjour de 6 mois à Pékin, rendant d’autant plus proche ce qu’elle y raconte.

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Vivre la Chine à ma façon
de Lisa Carducci
Langues Etrangères Editions
Shanghai, 2007

Fière d’être française ?

Sarkozy a réussi à être connu jusqu’au fin fond de la Chine, belle performance ! Bon d’accord, il a été très aidé par le gouvernement, mais quand même…
J’aimerais bien pouvoir passer un dîner « d’affaires » sans qu’on me rappelle qui est mon président et ce qu’il a fait ou dit l’an dernier. Où peut-être est-ce parce qu’ils n’ont rien d’autre à me dire… Qui sait ? En tout cas, j’ai bien compris mon rôle : ne rien dire.

Aujourd’hui, on a ouvert une bouteille de vin rouge local rien que pour moi. Quand auront-ils compris que ça ne sert à rien, jamais je ne participerai à leur « culture chinoise de l’alcool » (dont ils sont si fiers d’ailleurs). J’aime pas passer pour une impolie, mais c’est un peu leur faute de persister…

Apparemment, c’est un vin très fruité (à l’odeur, et à la lecture de l’étiquette). J’aimerais bien qu’un « vrai » Français vienne me dire de ce qu’il pense de ce vin. Que je sache si je dois leur dire de continuer à cultiver la vigne où s’ils peuvent arrêter là…

Prendre le bus à la campagne

Quand j’étais dans le Henan, j’ai bien sûr voulu voir plusieurs endroits. Apparemment, le plus rapide, c’est le bus (ou mini-bus) longue distance. Le train mets encore plus de temps, en s’arrêtant très souvent. J’ai donc testé bus dans la campagne chinoise. Ca vaut le coup mais il ne faut pas être pressé.

En effet, le premier jour, je suis allée dans les montagnes Songshan voir le temple Shaolin. Ca a beau être un site touristique, les bus ne sont pas très fréquents. Nous sommes arrivés à la gare et avons pris un bus plus d’une heure après. Au passage, il ne semble pas exister de billet que l’on peut prendre la veille, ou alors les chinois ne profitent généralement pas de cette possibilité. Du coup, on arrive à la gare routière et voit à quelle heure est le prochain bus.

Le bus part à l’heure, mais avec seulement 3 passagers. Or, le ticket est à 18 yuan (soit 1,8€). Ca semble irréel de faire un parcours de 2h de bus avec 3 personnes. Mais on aura vite compris : Lire la suite Prendre le bus à la campagne

Allemands v.s. Chinois

C’est une artiste chinoise, Yang Liu, habitant en Allemagne qui a réalisé une exposition sur les différences entre Allemands et Chinois, soit à peu près entre occidentaux et Chinois (pour voir les images, voir le site de Chine Informations). C’est assez intéressant de voir ces différences que l’on voit tous les jours mises en images. C’est encore plus frappant…

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Je confirme bien par expérience les dessins sur la ponctualité des chinois, la façon de faire la queue ou le bruit dans le restaurant. Il faut se dire que c’est une habitude. Ça fait partie de l’indiscipline collective chinoise, comme le comportement dans la rue qui vire souvent à l’irrespect total des autres. S’ils se disciplinaient un tout petit peu, il y aurait beaucoup moins de bouchons. C’est vrai que si les piétons et vélos respectaient les feux, il y aurait d’immenses accumulations de chaque côté des rues. Mais il y a quand même des exagérations, comme les gens qui font demi-tour en plein milieu d’une grande route, ceux qui font marche arrière sur la voie de vélos, les taxis qui s’arrêtent aux croisements et bloquent les gens qui veulent tourner, les vélos qui roulent dans le mauvais sens et que l’on voit au dernier moment car on double une voiture stationnée, les bus qui s’arrêtent au beau milieu d’un croisement pour cause de bouchon, les piétons qui avancent sur un passage piétons quand c’est rouge et obligent les voitures à les contourner, et bien d’autres… C’est la même chose dans les queues où les gens qui arrivent se mettent là où il y a de la place, qu’importe que les gens soient arrivés avant, ou bien lorsqu’ils donnent rendez-vous, l’heure est toujours à peu près, il ne faut pas être pressé ou avoir peur d’attendre. Ils ne donnent pas souvent une heure exacte, plutôt un « j’arrive tout de suite » (ce qui peut être plus de 20 min, j’ai testé), ou « dans l’après-midi ». Pas précis du tout. Si on a rien à faire, ça va, mais si on a l’habitude du timing parisien, on peut vite se mettre en colère…

Quand on voit ça, on pense que les chinois sont vraiment égoïstes. Je pense qu’à la base il y a sûrement un peu de ça, mais ensuite, c’est une habitude. Tout le monde (ou la personne avant moi) le fait donc je peux le faire, c’est tout. Mon professeur en Chine m’a dit que les chinois n’étaient pas encore habitués à imaginer ce que pense la personne en face. C’est pourtant la base de la politesse et du respect : « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Ce n’est pas par méchanceté qu’ils font ça mais simplement par négligeance et/ou manque d’éducation. C’est pas si facile de s’habituer.

Il y a aussi des différences d’habitude dans la façon de dire merci. On se fait tout le temps des compliments mais lorsqu’on demande un service, on dit à peine merci, on considère ça comme normal. On dit merci dix fois quand un ami nous sert le thé au restaurant mais aucune politesse pour envoyer un camarade acheter son billet de train à sa place.

Tous les Chinois ne sont bien sûr pas comme ça. Il y a de grandes variations et je peux d’ailleurs dire que les étudiants de mon laboratoire sont beaucoup plus « occidentalisés » (si on peut dire ça comme ça) dans leurs comportements que les autres gens que j’ai rencontré, même les étudiants de l’université des Mines.

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